Questions
(fin)
Où es-tu Célestine ? Depuis quelques jours les sommets environnants sont recouverts de neige. Le golfe a disparu sous un voile de brouillard. L’hiver est là, tranquille et froid. La voiture du facteur vient de passer sur la route. Un merle picore les baies de l’arbousier. Comme il me semble proche ce jour lointain du mois d’avril 1914 où tu t’es assise à mes côtés dans le cabriolet de monsieur Filipettu ! Depuis, tu as toujours été près de moi, avec moi. Avec moi quand j’étais indécis, dans le doute, tu me conseillais. Quand mon petit-fils est mort sur le stade, ce jour fatal du mois de mai, je sentais ta main sur mon épaule qui me soutenait. Tu étais là aussi pour partager ma quiétude, pour respirer l’air marin sur les chemins escarpés du littoral. Il commence à faire froid sur ce mur de pierres sèches. Le merle s’est envolé. Un avion trace sa route vers l’ouest. Tu ne dis rien, tu ne m’as pas vu à l’église hier ? Trop de monde, la foule m’intimide ; tout ce cérémonial m’indispose… Devant moi, à demi-cachées par les fleurs, deux dates et, au-dessus, ton portrait en médaillon. Ton regard profond dans lequel le mien se perd et qui m’emporte par-delà la matière, par-delà le temps, attends-moi, je te rejoins, mon âme sœur.
Où es-tu Célestine ? Depuis quelques jours les sommets environnants sont recouverts de neige. Le golfe a disparu sous un voile de brouillard. L’hiver est là, tranquille et froid. La voiture du facteur vient de passer sur la route. Un merle picore les baies de l’arbousier. Comme il me semble proche ce jour lointain du mois d’avril 1914 où tu t’es assise à mes côtés dans le cabriolet de monsieur Filipettu ! Depuis, tu as toujours été près de moi, avec moi. Avec moi quand j’étais indécis, dans le doute, tu me conseillais. Quand mon petit-fils est mort sur le stade, ce jour fatal du mois de mai, je sentais ta main sur mon épaule qui me soutenait. Tu étais là aussi pour partager ma quiétude, pour respirer l’air marin sur les chemins escarpés du littoral. Il commence à faire froid sur ce mur de pierres sèches. Le merle s’est envolé. Un avion trace sa route vers l’ouest. Tu ne dis rien, tu ne m’as pas vu à l’église hier ? Trop de monde, la foule m’intimide ; tout ce cérémonial m’indispose… Devant moi, à demi-cachées par les fleurs, deux dates et, au-dessus, ton portrait en médaillon. Ton regard profond dans lequel le mien se perd et qui m’emporte par-delà la matière, par-delà le temps, attends-moi, je te rejoins, mon âme sœur.

Très émouvante cette histoire.
RépondreSupprimer