lundi 3 août 2015

AU THÉÂTRE HIER SOIR

SHAKESPEARE D'Ù MERCÀ

La deuxième soirée d'Opera était, comme à l'habitude, consacrée au théâtre. L'affiche nous annonçait le " Romeo et Juliette" en langue corse, avec prompteur. Ceux qui ne sont pas venus, rebutés par la barrière linguistique, ont eu tort: les traductions étaient parfaitement lisibles et exactement synchronisées avec l'élocution des acteurs. Si moi aussi j'ai un peu trainé la patte pour y aller, c'est que j'avais vu trop rapidement l'affiche et interprété " traduit en Corse", or j'avais déjà vu du Shakespeare littéralement traduit en Corse et l'exercice ne m'était pas paru particulièrement convaincant. Plaquer la langue corse sur un texte, des situations, un contexte, de l'Angleterre du 17ème siècle m'avait semblé trop artificiel pour être crédible. En l'occurrence, je me trompais totalement: il s'agissait bien d'une farce conçue en Corse, sur la trame lointaine de la légendaire rivalité des Capulet et des Montaigu, devenus pour l'occasion Capeletti et Montaghetti et tout aussi rivaux puisque habitant les uns " U merca" et les autres " A marina",  qui depuis des siècles se disputent le trophée du plus grand feu de la St Jean: " U Fugare". Rixes dans les rues, provocations verbales, répression des mésalliances, tout y était, mais dans le langage truculent des ces quartiers hauts en couleur. Quelquefois même, truculent limite vulgaire, ce qui est parfois la pente un peu facile du comique de nos auteurs locaux. Je n'ai pas toujours compris certains artifices de mise en scène (les ballons lumineux ??), ri a moitié sur certains jeux de mots appuyés  ( jardin Romieu= jardin de Romeo), mais je me suis dit après coup que c'était sans doute du second degré, une sorte de clin d'œil de l'auteur... Par contre j'ai trouvé original ce parti pris du mélange de la réalité et de la fiction troublant les personnages eux-mêmes qui ne savaient plus s'ils jouaient ou s'ils vivaient leur vraie vie. Mais au total une pièce joliment enlevée, des acteurs qui se donnaient à fond. Pour les plus anciens d'entre eux on est ravis de les voir se bonifier avec le temps. Tous méritent des félicitations,  mais si vous me permettez deux mentions particulières, totalement subjectives, la première ira a Jean-Pierre Guidicelli qui a campé un personnage bizarre, déclamant avec fougue du vrai Hamlet au milieu de cette farce et Marie-Ange Geronimi, qui emplissait la scène par sa seule morphologie, son verbe haut, son entrain, et son vrai plaisir de jouer. Bravo à Guy Cimino dont j'espère qu'il prendra en bonne part les légères réserves exprimées par un spectateur lambda qui n'a aucune autorité en la matière☺️
Bravo à Opera pour ces deux soirées très réussies.

3 commentaires:

  1. Tout à fait d'accord avec ce qui vient d'être écrit concernant la pièce de théâtre en mode farce qui a été présentée au public.

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  2. Rien à ajouter au commentaire de Cuccu, il est parfait! Je ne saurais mieux dire! Merci donc, et bravo à tous!
    Limpia

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  3. Trés juste Cuccu ! Cimino et sa troope en grande forme , un Roméo é Giuliètta ludique et décalé , du bon Théâtre ce Dimanche d ' Aout à Rutali.Pari réussi pour Opèra.ad.

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