mercredi 14 octobre 2026

À la demande...

 LA VIGNE ET LA MAISON

PSALMODIES DE L’ÂME

DIALOGUE ENTRE MON ÂME ET MOI

MOI

Quel fardeau te pèse, ô mon âme !
Sur ce vieux lit des jours par l’ennui retourné,
Comme un fruit de douleurs qui pèse aux flancs de femme
Impatient de naître et pleurant d’être né ?
La nuit tombe, ô mon âme ! un peu de veille encore !
Ce coucher d’un soleil est d’un autre l’aurore.

Vois comme avec tes sens s’écroule ta prison !
Vois comme aux premiers vents de la précoce automne
Sur les bords de l’étang où le roseau frissonne,
S’envole brin à brin le duvet du chardon !
Vois comme de mon front la couronne est fragile !
Vois comme cet oiseau dont le nid est la tuile
Nous suit pour emporter à son frileux asile
Nos cheveux blancs pareils à la toison que file
La vieille femme assise au seuil de sa maison !

Dans un lointain qui fuit ma jeunesse recule,
Ma sève refroidie avec lenteur circule,
L’arbre quitte sa feuille et va nouer son fruit :
Ne presse pas ces jours qu’un autre doigt calcule,
Bénis plutôt ce Dieu qui place un crépuscule
Entre les bruits du soir et la paix de la nuit !
Moi qui par des concerts saluai ta naissance,
Moi qui te réveillai neuve à cette existence
Avec des chants de fête et des chants d’espérance,
Moi qui fis de ton cœur chanter chaque soupir,
Veux-tu que, remontant ma harpe qui sommeille,
Comme un David assis près d’un Saül qui veille,
Je chante encor pour t’assoupir ?

L’ÂME

Non ! Depuis qu’en ces lieux le temps m’oublia seule,
La terre m’apparaît vieille comme une aïeule
Qui pleure ses enfants sous ses robes de deuil.
Je n’aime des longs jours que l’heure des ténèbres,
Je n’écoute des chants que ces strophes funèbres
Que sanglote le prêtre en menant un cercueil.

MOI

Pourtant le soir qui tombe a des langueurs sereines
Que la fin donne à tout, aux bonheurs comme aux peines ;
Le linceul même est tiède au cœur enseveli :
On a vidé ses yeux de ses dernières larmes,
L’âme à son désespoir trouve de tristes charmes,
Et des bonheurs perdus se sauve dans l’oubli.

Cette heure a pour nos sens des impressions douces
Comme des pas muets qui marchent sur des mousses :
C’est l’amère douceur du baiser des adieux.
De l’air plus transparent le cristal est limpide,
Des mots vaporisés l’azur vague et liquide
S’y fond avec l’azur des cieux.

Je ne sais quel lointain y baigne toute chose,
Ainsi que le regard l’oreille s’y repose,
On entend dans l’éther glisser le moindre vol ;
C’est le pied de l’oiseau sur le rameau qui penche,
Ou la chute d’un fruit détaché de la branche
Qui tombe du poids sur le sol.

Aux premières lueurs de l’aurore frileuse,
On voit flotter ces fils dont la vierge fileuse
D’arbre en arbre au verger a tissé le réseau :
Blanche toison de l’air que la brume encor mouille,
Qui traîne sur nos pas, comme de la quenouille
Un fil traîne après le fuseau.


Aux précaires tiédeurs de la trompeuse automne,
Dans l’oblique rayon le moucheron foisonne,
Prêt à mourir d’un souffle à son premier frisson ;
Et sur le seuil désert de la ruche engourdie,
Quelque abeille en retard, qui sort et qui mendie,
Rentre lourde de miel dans sa chaude prison.

Viens, reconnais la place où ta vie était neuve,
N’as-tu point de douceur, dis-moi, pauvre âme veuve,
À remuer ici la cendre des jours morts ?
À revoir ton arbuste et ta demeure vide,
Comme l’insecte ailé revoit sa chrysalide,
Balayure qui fut son corps ?

Moi, le triste instinct m’y ramène :
Rien n’a changé là que le temps ;
Des lieux où notre œil se promène,
Rien n’a fui que les habitants.

Suis-moi du cœur pour voir encore,
Sur la pente douce au midi,
La vigne qui nous fit éclore
Ramper sur le roc attiédi.

Contemple la maison de pierre,
Dont nos pas usèrent le seuil :
Vois-la se vêtir de son lierre
Comme d’un vêtement de deuil.


Écoute le cri des vendanges
Qui monte du pressoir voisin,
Vois les sentiers rocheux des granges
Rougis par le sang du raisin.

Regarde au pied du toit qui croule :
Voilà, près du figuier séché,
Le cep vivace qui s’enroule
À l’angle du mur ébréché !

L’hiver noircit sa rude écorce ;
Autour du banc rongé du ver,
Il contourne sa branche torse
Comme un serpent frappé du fer.

Autrefois, ses pampres sans nombre
S’entrelaçaient autour du puits,
Père et mère goûtaient son ombre,
Enfants, oiseaux, rongeaient ses fruits.

Il grimpait jusqu’à la fenêtre,
Il s’arrondissait en arceau ;
Il semble encor nous reconnaître
Comme un chien gardien d’un berceau.

Sur cette mousse des allées
Où rougit son pampre vermeil,
Un bouquet de feuilles gelées
Nous abrite encor du soleil.


Vives glaneuses de novembre,
Les grives, sur la grappe en deuil,
Ont oublié ces beaux grains d’ambre
Qu’enfant nous convoitions de l’œil.

Le rayon du soir la transperce
Comme un albâtre oriental,
Et le sucre d’or qu’elle verse
Y pend en larmes de cristal.

Sous ce cep de vigne qui t’aime,
Ô mon âme ! ne crois-tu pas
Te retrouver enfin toi-même,
Malgré l’absence et le trépas ?

N’a-t-il pas pour toi le délice
Du brasier tiède et réchauffant
Qu’allume une vieille nourrice
Au foyer qui nous vit enfant ?

Ou l’impression qui console
L’agneau tondu hors de saison,
Quand il sent sur sa laine folle
Repousser sa chaude toison ?

L’ÂME

Que me fait le coteau, le toit, la vigne aride ?
Que me ferait le ciel, si le ciel était vide ?

Je ne vois en ces lieux que ceux qui n’y sont pas !
Pourquoi ramènes-tu mes regrets sur leur trace ?
Des bonheurs disparus se rappeler la place,
C’est rouvrir des cercueils pour revoir des trépas !

I

Le mur est gris, la tuile est rousse,
L’hiver a rongé le ciment ;
Des pierres disjointes la mousse
Verdit l’humide fondement ;
Les gouttières, que rien n’essuie,
Laissent, en rigoles de suie,
S’égoutter le ciel pluvieux,
Traçant sur la vide demeure
Ces noirs sillons par où l’on pleure,
Que les veuves ont sous les yeux ;

La porte où file l’araignée,
Qui n’entend plus le doux accueil,
Reste immobile et dédaignée
Et ne tourne plus sur son seuil ;
Les volets que le moineau souille,
Détachés de leurs gonds de rouille,
Battent nuit et jour le granit ;
Les vitraux brisés par les grêles
Livrent aux vieilles hirondelles
Un libre passage à leur nid !


Leur gazouillement sur les dalles
Couvertes de duvets flottants
Est la seule voix de ces salles
Pleines des silences du temps.
De la solitaire demeure
Une ombre lourde d’heure en heure
Se détache sur le gazon :
Et cette ombre, couchée et morte,
Est la seule chose qui sorte
Tout le jour de cette maison !

II

Efface ce séjour, ô Dieu ! de ma paupière,
Ou rends-le-moi semblable à celui d’autrefois,
Quand la maison vibrait comme un grand cœur de pierre
De tous ces cœurs joyeux qui battaient sous ses toits.

À l’heure où la rosée au soleil s’évapore
Tous ces volets fermés s’ouvraient à sa chaleur,
Pour y laisser entrer, avec la tiède aurore,
Les nocturnes parfums de nos vignes en fleur.

On eût dit que ces murs respiraient comme un être
Des pampres réjouis la jeune exhalaison ;
La vie apparaissait rose, à chaque fenêtre,
Sous les beaux traits d’enfants nichés dans la maison.


Leurs blonds cheveux, épars au vent de la montagne,
Les filles se passant leurs deux mains sur les yeux,
Jetaient des cris de joie à l’écho des montagnes,
Ou sur leurs seins naissants croisaient leurs doigts pieux.

La mère, de sa couche à ces doux bruits levée,
Sur ces fronts inégaux se penchait tour à tour,
Comme la poule heureuse assemble sa couvée,
Leur apprenant les mots qui bénissent le jour.

Moins de balbutiements sortent du nid sonore,
Quand, au rayon d’été qui vient la réveiller,
L’hirondelle au plafond qui les abrite encore,
À ses petits sans plume apprend à gazouiller.

Et les bruits du foyer que l’aube fait renaître,
Les pas des serviteurs sur les degrés de bois,
Les aboiements du chien qui voit sortir son maître,
Le mendiant plaintif qui fait pleurer sa voix,

Montaient avec le jour ; et, dans les intervalles,
Sous des doigts de quinze ans répétant leur leçon,
Les claviers résonnaient ainsi que des cigales
Qui font tinter l’oreille au temps de la moisson !

III

Purs ces bruits d’année en année
Baissèrent d’une vie, hélas ! et d’une voix,
Un fenêtre en deuil, à l’ombre condamnée,
Se ferma sous le bord des toits.

Printemps après printemps de belles fiancées
Suivirent de chers ravisseurs,
Et, par la mère en pleurs sur le seuil embrassées,
Partirent en baisant leurs sœurs.

Puis sortit un matin pour le champ où l’on pleure
Le cercueil tardif de l’aïeul,
Puis un autre, et puis deux, et puis dans la demeure
Un vieillard morne resta seul !

Puis la maison glissa sur la pente rapide
Où le temps entasse les jours ;
Puis la porte à jamais se ferma sur le vide,
Et l’ortie envahit les cours !…

IV

Ô famille ! ô mystère ! ô cour de la nature !
Où l’amour dilaté dans toute créature
Se resserre en foyer pour couver des berceaux,
Goutte de sang puisée à l’artère du monde
Qui court de cour en cour toujours chaude et féconde,
Et qui se ramifie en éternels ruisseaux !

Chaleur du sein de mère où Dieu nous fit éclore,
Qui du duvet natal nous enveloppe encore
Quand le vent d’hiver siffle à la place des lits,
Arrière-goût du lait dont la femme nous sèvre,
Qui même en tarissant nous embaume la lèvre ;
Étreinte de deux bras par l’amour amollis !


Premier rayon du ciel vu dans des yeux de femmes,
Premier foyer d’une âme où s’allument nos âmes,
Premiers bruits de baisers au cœur retentissants !
Adieux, retours, départs pour de lointaines rives,
Mémoire qui revient pendant les nuits pensives
À ce foyer des cœurs, univers des absents !

Ah ! que tout fils dise anathème
À l’insensé qui vous blasphème !
Rêveur du groupe universel,
Qu’il embrasse, au lieu de sa mère,
Sa froide et stoïque chimère
Qui n’a ni cœur, ni lait, ni sel !

Du foyer proscrit volontaire,
Qu’il cherche en vain sur cette terre
Un père au visage attendri ;
Que tout foyer lui soit de glace,
Et qu’il change à jamais de place
Sans qu’aucun lieu lui lette un cri !


Envieux du champ de famille,
Que, pareil au frelon qui pille
L’humble ruche adossée au mur,
Il maudisse la loi divine
Qui donne un sol à la racine
Pour multiplier le fruit mûr !

Que sur l’herbe des cimetières
Il foule, indifférent, les pierres
Sans savoir laquelle prier !
Qu’il réponde au nom qui le nomme
Sans savoir s’il est né d’un homme
Ou s’il est fils d’un meurtrier !…

V

Dieu ! qui révèle aux cœurs mieux qu’à l’intelligence !
Resserre autour de nous, faits de joie et de pleurs,
Ces groupes rétrécis où de ta providence
Dans la chaleur du sang nous sentons les chaleurs ;

Où, sous la porte bien close,
La jeune nichée éclose
Des saintetés de l’amour
Passe du lait de la mère
Au pain savoureux qu’un père
Pétrit des sueurs du jour ;


Où ces beaux fronts de famille,
Penchés sur l’âtre et l’aiguille,
Prolongent leurs soirs preux :
Ô soirs ! ô douces veillées
Dont les images mouillées
Flottent dans l’eau de nos yeux !

Oui, je vous revois tous, et toutes, âmes mortes !
Ô chers essaims groupés aux fenêtres, aux portes !
Les bras tendus vers vous, je crois vous ressaisir,
Comme on croit dans les eaux embrasser des visages
Dont le miroir trompeur réfléchit les images,
Mais glace le baiser aux lèvres du désir.

Toi qui fis la mémoire, est-ce pour qu’on oublie ?…
Non, c’est pour rendre au temps à la fin tous ses jours,
Pour faire confluer, là-bas, en un seul cours,
Le passé, l’avenir, ces deux moitiés de vie
Dont l’une dit jamais et l’autre dit toujours.
Ce passé, doux Éden dont notre âme est sortie,
De notre éternité ne fait-il pas partie ?
Où le temps a cessé tout n’est-il pas présent ?
Dans l’immuable sein qui contiendra nos âmes
Ne rejoindrons-nous pas tout ce que nous aimâmes
Au foyer qui n’a plus d’absent ?


Toi qui formas ces nids rembourrés de tendresses
Où la nichée humaine est chaude de caresses,
Est-ce pour en faire un cercueil ?
N’as-tu pas dans un pan de tes globes sans nombre
Une pente au soleil, une vallée à l’ombre
Pour y rebâtir ce doux seuil ?

Non plus grand, non plus beau, mais pareil, mais le même,
Où l’instinct serre un cœur contre les durs qu’il aime,
Où le chaume et la tuile abritent tout l’essaim,
Où le père gouverne, où la mère aime et prie,
Où dans ses petits-fils l’aïeule est réjouie
De voir multiplier son sein !

Toi qui permets, ô père ! aux pauvres hirondelles
De fuir sous d’autres cieux la saison des frimas,
N’as-tu donc pas aussi pour tes petits sans ailes
D’autres toits préparés dans tes divins climats ?
Ô douce Providence ! ô mère de famille
Dont l’immense foyer de tant d’enfants fourmille,
Et qui les vois pleurer souriante au milieu,
Souviens-toi, cœur du ciel, que la terre est ta fille
Et que l’homme est parent de Dieu !

MOI

Pendant que l’âme oubliait l’heure
Si courte dans cette saison,
L’ombre de la chère demeure
S’allongeait sur le froid gazon ;

Mais de cette ombre sur la mousse
L’impression funèbre et douce
Me consolait d’y pleurer seul :
Il me semblait qu’une main d’ange
De mon berceau prenait un lange
Pour m’en faire un sacré linceul !

Alphonse de Lamartine

Blog-loisirs... SUDOKU


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DAZIBAO


 

mardi 13 octobre 2026

Bien que tardives, les châtaignes sont attendues.


 L'échantillon tombé en exclusivité, semble prometteur.

Lu dans Corse Matin du 13 octobre 2026

 Vente aux enchères publiques le vendredi 16 octobre 2026 à 14 heures - Casa Cumuna

Tracteur Kubota - Unité de distillation - lot de matériel agricole : motoculteur, groupe électrogène, remorque, débroussailleuses, nettoyeur hp, aspirateur, tronçonneuse, souffleur, serpettes, glacière etc..Mac book air, lots de sachets, contenants, petit matériel.

Visites sur place 15 minutes avant le début des enchères /L. PELLIZZA f/f commissaire priseur. Les biens sont vendus en l'état sans garantie. Paiement comptant. Frais légaux en sus

Astuces malines


 

Que nous proposerez-vous ?


dimanche 11 octobre 2026

Spiru di sòle


 

Solution du sudoku + du 7 octobre



En développant, on obtient :
3X + 15 - 2X + 6 = 20
X + 21 = 20
D'où :
X = - 1
(cqfd)
 

VERDI... NABUCCO

 Les artistes du chœur de Parme interprètent "Va Pensiero" de "Nabucco" de Giuseppe Verdi dans cet enregistrement live avec l'Orchestre national de Montpellier, dirigé par Luciano Acocella.

 Enregistré au théâtre antique d'Orange, juin 2017


Va, pensiero, sull’ali dorate;
Va, ti posa sui clivi, sui colli,
Ove olezzano tepide e molli
L'aure dolci del suolo natal!
Del Giordano le rive saluta,
Di Sionne le torri atterrate...
Oh mia patria sì bella e perduta!
Oh membranza sì cara e fatal!
Arpa d'or dei fatidici vati,
Perché muta dal salice pendi?
Le memorie nel petto riaccendi,
Ci favella del tempo che fu!
O simile di Solima ai fati
Traggi un suono di crudo lamento,
O t'ispiri il Signore un concento
Che ne infonda al patire virtù!

samedi 10 octobre 2026

Nécrologie

 Nous avons appris avec tristesse le décès de Mme Line VINCENTI épouse POGGIONOVO, survenu à Bastia le 9 octobre à l'âge de 78 ans. Voce di Rutali présente ses sincères condoléances à son époux Paul, à ses enfants, ses petits enfants, sa sœur Denise, son frère Jean-Louis Vincenti et son épouse Marie Ange, son frère Antoine Vincenti, maire de Poggio d'Oletta et son épouse Isabelle, ses neveux et nièces, aux parents et alliés, a son cousin Luciani Robert et son épouse Catherine, sa cousine Ristorcelli Éliane née Luciani et son époux Charly, et leurs proches, ainsi qu'à toutes les personnes que ce deuil afflige.

La famille reçoit les condoléances aujourd'hui samedi 10 octobre en l'église San Cervone di u Poghju d'Oletta. La cérémonie religieuse aura lieu ce même jour à 17 heures en cette même église. L'inhumation suivra dans le caveau familial au cimetière de Poghju d'Oletta.


Grille numéro 931.


 

LA LANGUE AU CHAT...

"késaco-591" = chenille du sphin tête-de-mort

L'image montre les différents stades de développement du sphinx tête-de-mort (Acherontia atropos), un grand papillon de nuit.
• L'imago (adulte) : Le papillon au-dessus, reconnaissable à la tache en forme de crâne sur son thorax et à son abdomen zébré de jaune et de noir.
• Les chenilles : Les larves colorées (souvent vertes, jaunes ou parfois brunes) accrochées aux tiges de plantes hôtes.
• Les chrysalides : Les formes brun-rouge compactes en bas à droite, dans lesquelles s'opère la métamorphose.

Deux recettes choisies par Yzus

Cette semaine je vous propose une recette de Luana Belmondo, 
"COTOLETTA  ALLA  BOLOGNESE"
un classique de l’Émilie-Romagne. 
Préparation : 15 min  Cuisson : 15 min

POUR 4 PERSONNES :

- 4 fines escalopes de veau

- 4 fines tranches de jambon de Parme (ou de Speck)

- 100 g de parmesan râpé

-100 ml de bouillon de viande ou de légumes

- 1 c.à café de concentré de tomate

- 50 g de beurre

- 1 trait de jus de citron

-Sel, poivre du moulin

Pour la panure

- 3 œufs entiers

- 100 g de farine

- 150 g de chapelure

-  Sel, poivre

Préparation :

Aplatissez doucement les escalopes entre 2 feuilles de papier sulfurisé à l’aide d’un rouleau à pâtisserie. Salez, poivrez et arrosez de jus de citron. Laissez-les reposer 15 min à température. Au bout de ce temps, passez chaque escalope dans la farine, puis  dans les œufs battus assaisonnés, puis dans la chapelure  en prenant soin de bien faire adhérer la panure à la chair en pressant délicatement.

Dans une sauteuse, faites fondre le beurre, déposez les escalopes panées. Faites-les cuire 4 minutes de chaque côté à feu moyen jusqu’à ce qu’elles deviennent dorées et croustillantes. Ajoutez une fine tranche de jambon de Parme sur chaque escalope et une cuillère à soupe de parmesan râpé, versez le bouillon (mélangé au concentré de tomate) au fond de la sauteuse. Couvrez et laissez cuire à feu doux pendant 10 minutes. Le parmesan doit fondre et le bouillon réduire pour devenir crémeux. Arrosez chaque cotoletta de jus de citron, juste avant de servir.

Luana nous propose d’ajouter des champignons de Paris en fines lamelles sous les escalopes pour apporter du croquant et de la fraîcheur.

Que diriez - vous d’accompagner ce plat d’une purée ou d’une écrasée de pommes de terre ?

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"CONFITURE DE TOMATES VERTES"

4 À 5 POTS .préparation : 20 min ; cuisson : 40 min attente : 12 h

[1,5 kg de tomates vertes ; 1 kg de sucre ; 3 anis étoilés ; 1 citron]

Préparation :

La veille, lavez, essuyez les tomates et coupez-les en petits dés. Versez-les dans un saladier et saupoudrez-les de sucre. Ajoutez les anis étoilés (badiane) et le jus de citron en mélangeant. Filmez le saladier et mettez au réfrigérateur pour 12 heures.

Versez la préparation dans une bassine à confiture ou une grande casserole et faites cuire 30 à 40 minutes à faible ébullition. Vérifiez la cuisson en déposant une petite cuillerée de confiture sur une assiette froide : celle-ci doit se figer.

Lavez et stérilisez 4 à 5 pots de confiture. Remplissez-les de confiture, vissez les couvercles et retournez les pots : maintenez-les ainsi, tête en bas, jusqu’à refroidissement. Conservez-les à l’abri de la lumière jusqu’à dégustation.

vendredi 9 octobre 2026

Destin de Mary Cassatt


À l'occasion de l'exposition Mary Cassatt au Musée d'Orsay (octobre 2026)

MUSÉE du "carédar"... [CASSATT-Le Thé _1880]

Mary CASSATT (1844-1926)
"Le Thé"_1880
Huile sur toile. (64,8 cm X 92,1 cm)
Musée des Beaux-Arts de Boston, USA.

"carédar-726"
Ce tableau peut paraître bien sage, voire très corseté, avec nos yeux contemporains. Mais là encore, Mary Cassatt s'affranchit subtilement des conventions de son époque dont elle n'ignore rien. La femme au chapeau est reçue par la femme en tenue d'intérieur, assise à gauche. Leur conversation s'interrompt, le temps d'une gorgée de thé. Cette scène, incarnée par deux modèles, se situe sans doute dans l'appartement parisien où la peintre vivait avec ses parents et sa sœur aînée. Mary Cassatt s'intéresse aux femmes, à leurs activités et à leur intimité. 
Venu du musée des Beaux-Arts de Boston, "Le Thé" est qualifié d'"œuvre virtuose" par la commissaire Caroline Corbeau-Parsons. "Nous le prêtons très très rarement", confirme la conservatrice américaine Erika Hirshler et "pour cette raison, nous n'avions jamais pris le temps de réaliser une radiographie du tableau". Cet examen a permis de voir que l'artiste avait modifié à plusieurs reprises l'emplacement du service à thé qui semble flotter en l'air au premier plan du tableau. "Cela révèle qu'elle lui prête autant d'attention qu'à ses deux personnages et c'est inhabituel à l'époque", poursuit-elle. La conservatrice dévoile aussi que l'artiste n'a pas peint de visage sous la tasse de thé masquant la face de l'invitée. "Cela prouve que son intention a toujours été de saisir ce geste fugace". "Et la grande découverte, s'amuse-t-elle, c'est qu'il y avait une assiette de biscuits qu'elle a fait disparaître." 

Mary Stevenson Cassatt, dite Mary CASSATT (1844-1926) est une artiste peintre et graveuse américaine. Installée principalement en France à partir des années 1870, elle est l'une des rares femmes artistes associées à l'impressionnisme et participe à plusieurs de ses expositions. Proche d'Edgar Degas, dont l'œuvre exerce une influence importante sur son travail, Mary Cassatt développe une peinture caractérisée notamment par les portraits de femmes et d'enfants, les scènes de la vie quotidienne et une attention particulière aux relations entre mères et enfants. À partir des années 1890, son art est également marqué par l'influence des estampes japonaises, qui se manifeste dans ses compositions et dans son œuvre gravé.

Actrice importante des échanges artistiques entre la France et les États-Unis, Cassatt contribue aussi à faire connaître l'impressionnisme auprès des collectionneurs américains. Son œuvre, qui associe peinture, dessin et gravure, est aujourd'hui conservé et exposé dans plusieurs grands musées d'Europe et des États-Unis.

jeudi 8 octobre 2026

Solution de la grille numéro 930


 

ON NE TOUCHE PAS À NOTRE MÈRE


Porto-Vecchio, nuit du 30 septembre au 1er octobre 2026. Sous l'arche de granit du rond-point du Stabiacciu, à l'entrée de la ville, la statue de la Vierge Marie — posée là en 2020 à la demande de l'abbé Constant — est arrachée de son socle et jetée à terre. Les auteurs présumés se sont filmés eux-mêmes, hilares, en l'insultant : deux saisonniers de 21 et 24 ans, interpellés au matin. Ils seront jugés le 16 novembre à Ajaccio pour dégradations graves en réunion et exhibition sexuelle, avec interdiction de paraître en Corse d'ici là.

« C'est révoltant, car on touche à ce qu'il y a de plus sacré », dit le curé, don Thibault Lambert. Dans l'après-midi, la colère gronde devant la gendarmerie, sous les drapeaux à tête de Maure. « On m'a élevé avec le respect de la Vierge, le respect du Christ », dit un homme. Une paroissienne, elle, prie « pour ceux qui ont dégradé cette statue, car ils ne savent pas ce qu'ils font ».

Et puis vient le soir. À 17 h 30, premier jour du mois du Rosaire, la paroisse appelle à prier là où la statue est tombée : cinq cents personnes répondent — élus, familles, beaucoup de jeunes, des pompiers en uniforme. « À la colère qui habitait mon cœur ce matin, et à la tristesse, a succédé la joie, dit le curé. Pas une joie exubérante, mais une joie mêlée de fierté, de voir tous ces Porto-Vecchiais réunis pour montrer leur attachement à la Vierge Marie, à l'Église et à notre patrimoine. »

La Vierge est la sainte patronne de la Corse depuis 1735, et le Dio vi salvi Regina son hymne : c'est lui qui ouvre et referme cette chanson. Elle dit trois choses : qu'on ne rit pas de ce que tout un peuple vénère ; qu'une jeunesse à qui personne n'a appris le mot « sacré » est une jeunesse qu'on a abandonnée ; et qu'une ville qui répond à l'outrage par la prière est plus forte que ceux qui l'ont commis. La mairie l'a promis : la statue reviendra sous son arche.

Images : rassemblement et prière du 1er octobre 2026 (réseaux sociaux, CNews), processions et confrérie Santa Cruci (Unité paroissiale de Porto-Vecchio).

[Intro]
Dio vi salvi Regina,
E madre universale,
Per cui favor si sale
Al paradiso.

[Couplet 1]
Sous l'arche de granit, à l'entrée de la ville,
Elle veillait sur nous, blanche, douce et tranquille ;
Une nuit de septembre, deux garçons égarés
L'ont saisie en riant, pour la faire tomber.

Ils ont filmé leurs rires, leurs gestes, leurs injures,
Ils ont jeté à terre la plus pure figure ;
Au matin, sur le sol, au pied du mur de pierre,
La Vierge était couchée, le visage en poussière.

Alors de porte en porte, la nouvelle a couru :
On a touché la Reine — et l'île a répondu.

[Refrain]
On ne touche pas à notre Mère,
On ne touche pas à notre foi !
Un peuple entier, debout, en prière,
Lui rend sa place et lève la voix :
Dio vi salvi Regina !
Dio vi salvi Regina !

[Couplet 2]
Devant les grilles closes, la colère a grondé,
Sous la tête de Maure, cent voix se sont levées ;
« On m'a élevé, dit-il, dans le respect du Christ,
Le respect de la Vierge » — et sa voix était triste.

Que justice soit rendue, que l'outrage soit réparé :
On ne rit pas de celle que nos mères ont priée.

[Couplet 3]
Mais qui donc leur a dit ce que veut dire « sacré » ?
Enfants d'un temps sans phare, sans racines, sans clarté,
Qui filment pour un rire ce que nos pères vénèrent,
Et brisent sans savoir le visage d'une mère.

Une femme, au sortir de la messe, a prié pour eux :
« Ils ne savent pas ce qu'ils font » — pardonne-leur, mon Dieu.

[Pont]
Cinq heures et demie du soir, premier jour du Rosaire,
Cinq cents sur le rond-point, toute une ville en prière :
Les anciens, les enfants, les pompiers en tenue,
Et la jeunesse aussi, par centaines, venue.

Et le curé a dit, devant son peuple uni :
« La colère du matin a fait place à la joie,
Une joie mêlée de fierté » — celle d'une île qui croit.

Sous l'arche de granit, demain, elle reviendra,
Plus blanche, plus aimée — et la Corse chantera :

[Refrain]

[Final]
Voi dai nemici nostri,
A noi date vittoria,
E poi l'eterna gloria
In paradiso.

KÉSACO-591

"késaco-591"

Que suis-je ?