samedi 29 août 2026

U vechju Rutali - Traditions orales - suite

 Extrait du mémoire rédigé par le chanoine Jean-Thomas FLORI.


A tumbéra.

Avant ou après les fêtes de noël, on entendait à travers le village les cris des "majhali" (porcs) que l'on égorgeait. Dès qu'ils avaient rendu le dernier soupir, la soie ou les poils qui recouvraient leur corps étaient brulés à l'aide d'une plante "u croliulu". On versait ensuite sur le corps exsangue de l'animal de l'eau bouillante et, avec des couteaux (on se mettait à plusieurs), on le rasait à fond. Dès que la peau apparaissait blanche et lisse on le suspendait à une poutre ou potence. Pour ce faire, on procédait de la sorte : On lui attachait les pattes de derrière avec une grosse corde. Celle-ci était reliée à la potence À l'aide d'une grosse tige de bois "batulelu", la corde s'enroulait autour d'un bâton placé en travers des pieds de l'animal.
Grâce à cette opération, la corde entrainait automatiquement et sans effort le corps lourd du "majhale". On coinçait ensuite un deuxième bâton qui retenait ainsi, solidement amarrée, la corde à laquelle était suspendu le porc la tête en bas, la bouche était tenue largement  ouverte par un "steccu", mis en travers.
Le porc était ensuite éventré. On lui retirait les entrailles qui, une fois bien lavées dans la rivière di " a Iata", servaient à habiller "i salami, i lonzi, e salcicce" ainsi que "i sangui", car le sang aussi était utilisé. Les "sangui" étaient consommés les premiers car on ne pouvait pas les conserver longtemps. La vessie faisait la joie des enfants. Ils la gonflaient ou bien elle leur servait de ballon jusqu'à ce qu'elle éclate au bout de leur pied.
Le soir, le porc était ramené à terre. Il était étendu sur une planche.Il était alors partagé en deux parties égales. On le coupait de haut en bas en suivant l'épine dorsale. Le moment le plus attendu était la pesée. Les pronostics allaient alors "bon train". Des paris étaient pris concernant le poids des porcs abattus dans l'année pour savoir celui qui pèserait le plus lourd et qui deviendrait ainsi "u capurale".
Le gros œuvre de dépeçage se pratiquait à la maison. Il était confié à des hommes experts en la matière. Ceux-ci se comptaient sur les doigts de la main. Leur travail consistait à mettre en forme les quatre jambons, à extraire intact le filet, à découper "a panza", à détacher l'entrecôte, à mettre, en un mot, de côté, tout ce qui servira à la fabrication des "salcicce, des ficatelli," qui étaient enfilés sur une "partigha" d'arbousier ou de châtaignier. Celle-ci était suspendue  dans la cuisine jusqu'à ce que la charcuterie soit fumée, tandis que les jambons, l'entrecôte, "e panzette" étaient placées dans "a salimoghja" d'où, ils n'étaient sortis que pour la consommation. Les jambons eux, étaient suspendus à des crochets fixés au plafond de la cave, ou, dans la fraîcheur ils retrouvaient leur saveur tant appréciée par les gourmets.
En effet, qu'elle était délicieuse cette charcuterie corse préparée par nos "mamme". Un ficatellu rôti au feu de bois avec "une pulendata" valait le meilleur de tous les repas !...
À suivre...

Croliulu = crògliulu : Genêt épineux.
Batulelu = battuléllu : Petit bâton.
Steccu : bout de bois.
Partigha = pàrtica ou pèrtica : perche, gaule.
Salimoghja = Salamòghja : saumure.

Grille numéro 925


 

LA LANGUE AU CHAT...

"késaco-585" = Gypaète barbu
  • Le Gypaète barbu (Gypaetus barbatus) est un rapace diurne de grande taille (envergure : 245 - 272 cm ; taille : 115 cm) appartenant à la famille des Accipitridés, présent notamment dans les massifs montagneux européens comme les Alpes, les Pyrénées et la Corse.
  • Il se distingue nettement par son œil cerclé de rouge vif, son plumage orangé et les touffes de plumes noires sous son bec qui forment sa "barbe" caractéristique.
  • Contrairement à d'autres vautours, il a un régime alimentaire unique composé à majorité d'os qu'il fracture en vol pour en consommer la moelle.
  • Son plumage orangé provient d'un comportement de bains de boue riche en oxydes de fer.

Une recette de "pommes de terre"... (choisie par Yzus)

 "POMMES DE TERRE DES VENDANGEURS"

C’est en Bourgogne, terre de crus prestigieux, que les vendangeurs, avant de partir dans les vignes, préparaient dans un récipient en fonte ce plat roboratif. Arrivés sur place, ils faisaient un feu de sarments et, pendant qu’ils vendangeaient, les pommes au lard cuisaient, recouvertes de braises chaudes.
Pour 6 personnes :
(1,2 kg de pommes de terre (BF15) ; 200 g de poitrine fumée en tranches très minces ; 150 g de poitrine demi-sel en tranches très minces ; 100 g de gruyère fraîchement râpé ; 60 g de beurre ; poivre du moulin)
ustensile : une cocotte en fonte allant au four

Préparation :
1. Épluchez les pommes de terre, émincez-les en rondelles de 3 mm d’épaisseur, lavez-les et essuyez-les avec un torchon. Préchauffez le four à 210°C (thermostat 7).
2. Avec un pinceau de cuisine, beurrez l’intérieur de votre récipient en fonte.
3. Tapissez le fond et les parois de tranches très minces de poitrine fumée en les faisant déborder à l’extérieur du récipient.
4. Disposez par couches successives les pommes de terre, le gruyère râpé et la poitrine demi-sel. Poivrez sans saler. Recommencez 2 fois cette opération. Rabattez les tranches de poitrine fumée sur les pommes de terre. Parsemez le tout du reste de beurre en noisettes. Recouvrez d’une feuille d’aluminium et d’un couvercle.
5. Mettez au four. Faites cuire 1 heure 30. Tassez le tout à l’aide d’une écumoire. Retirez la cocotte du four et laissez reposer 15 minutes hors du feu.
6. Passez une lame de couteau tout autour pour bien décoller la poitrine fumée du récipient. Démoulez sur un plat de service. Servez.

L’accompagnement idéal de ce succulent et rustique gâteau de pommes de terre est un poulet rôti, un gigot d’agneau ou une côte de bœuf. Avec ce délicieux plat, une bonne salade verte s’impose.

(Source : Joël Robuchon. Le meilleur et le plus simple de la pomme de terre. Le livre de poche 2018)

vendredi 28 août 2026

Photos des années 70 de Charles Dunoyer



 

Envois de Charles Dunoyer













U vechju Rutali - Traditions orales - suite

 Extrait du mémoire rédigé par le chanoine Jean-Thomas FLORI.


A Tribbiéra :

Deux robustes bœufs "incupiati" portant le joug, trainent derrière eux une lourde pierre ronde attachée à "a coppia" par une lourde chaine. Mansone et Boccaghjolu, ce sont les noms des bœufs, tournent en rond autour de l'aghja jusqu'à ce que les grains soient séparés des épis. On procède ensuite à "a spulera". Elle consiste à envoyer en l'air à l'aide d'une fourche de bois, la paille qu'une légère brise suffira pour l'amonceler sur les bords de l'aghja. Tandis que les grains, plus lourds, tomberont et s'amasseront au centre de l'aghja (l'aire). Pour vanner les grains, on se servira d'une pelle spéciale de facture artisanale, comme d'ailleurs la fourche dont nous avons parlé plus haut. On utilisera le boisseau pour mesurer le blé. Le premier boisseau de froment sera destiné à la fabrication des hosties qui serviront, avec le vin, à la célébration de l'Eucharistie. Aussi, en le déversant dans le sac on dira : "in nome di Diu"
Nos ancêtres plaçaient sous le signe de la Croix tout ce qu'ils faisaient. N'était-elle pas plantée par le laboureur au milieu des semailles ? Le pain n'était jamais partagé en famille sans que la màmma corsa ne traçât sur lui le signe sacré. Les hommes et les choses étaient alors imprégnés de la présence de Dieu. Nos pères vivaient très simplement leur foi. Ils la puisaient aux sources même de l'évangile. Faut-il s'étonner s'il y avait entre eux cette amitié et cette fraternité que l'on retrouve difficilement dans notre monde trop matérialiste...
À suivre..

Pour illustrer les scènes décrites dans cette partie du mémoire du chanoine Jean-Thomas Flori, voici des photos prises en 1974, que Bob CHIARELLI a bien voulu me communiquer.
À tribbiera dans l'aghja di u Lupinu. Avec Dominique Chiarelli et Jean Bonetti à la manœuvre.
À spulera et Dominique Chiarelli derrière ses bœufs

L'optimisme pour toujours ! Bienvenue dans l'univers de Julio Le Parc.


L'artiste Julio Le Parc nous ouvre les portes de son atelier parisien, véritable caverne d'Ali Baba magique faite de lumière, de mouvement et de miroirs.

Le Parc est surtout connu pour ses sculptures cinétiques pionnières, qui ne prennent vie que grâce à l'intervention du spectateur. Dans ce court-métrage, Le Parc et ses fils nous présentent certaines de ses œuvres les plus surprenantes et ludiques. Ils proposent une vision de l'art différente, plus démocratique et accessible à tous.

Né en Argentine en 1928, Le Parc s'installe en France en 1958. Il a pris part à l'effervescence artistique du Paris des années 1960 — une époque marquée par des innovations radicales et une créativité sans limites — tout en conservant des liens étroits avec l'Amérique latine. Son parcours offre un éclairage fascinant sur l'évolution d'un artiste qui, à l'image de son œuvre, ne cesse de nous surprendre et d'être en mouvement.

Découvrez sept décennies de création de Le Parc lors de la nouvelle exposition de la Tate Modern, du 11 juin 2026 au 3 mai 2027 : https://www.tate.org.uk/whats-on/tate...

00:00 Optimismo, siempre !

00:32 Transformer le regard du spectateur

01:25 La petite enfance

02:06 « L'histoire de mon père est pleine de glamour »

02:45 Groupe de Recherche d’Art Visuel (GRAV)

03:53 Album de famille

04:31 Une société différente et meilleure

05:27 Un coup de pile ou face

07:05 « Son art implique de prendre des risques »

08:20 « Il faut toucher l'œuvre ! »

MUSÉE du "carédar"... []Le PARC-Croisements_1970-2018]

Julio Le PARC (1928-2026)
"Croisements"_1970-2018
Acrylique sur toile. (200 cm X 200 cm)
Tate Modern, Londres.
"carédar-720"
"Croisements"
_Ne cherchez nul point de repère, ni même une fin ou un début à ce casse-tête arc-en-ciel. Julio Le Parc l'a envisagé comme l'élément d'une œuvre globale en perpétuel mouvement, d'un cycle ininterrompu d'expérimentations autour des mécanismes optiques et de leurs relations avec l'esprit.

Julio Le Parc
Julio Le PARC (1928-2026) était un artiste plasticien, peintre et sculpteur franco-argentin. Il est l'un des plus grands pionniers de l'art cinétique et de l'art optique (Op Art), célèbre pour ses installations immersives qui jouent avec la lumière, les miroirs et le mouvement.

Points clés

  • Né le 23 septembre 1928 à Mendoza, Argentine. Naturalisé français dans les années 1980.

  • Abandonne la peinture traditionnelle dès 1958 pour se consacrer à la lumière, au mouvement et à la couleur.

  • Cofondateur du Groupe de Recherche d'Art Visuel (GRAV) au début des années 1960, collectif pionnier de l'art participatif.

  • Grand Prix de peinture à la Biennale de Venise en 1966 

  • Œuvres dans les collections du MoMA, du Centre Pompidou, de la Tate Modern et du MALBA.

  • Mort le 30 mai 2026 à l'Hôpital Américain de Paris, quelques jours avant l'ouverture de sa rétrospective à la Tate Modern.

Il y a des artistes qui traversent leur époque. Il y en a d'autres, plus rares, qui la transforment. Julio Le Parc était de ceux-là. Né en 1928 dans la province de Mendoza, en Argentine, mort le 30 mai 2026 à Paris à l'âge de 97 ans, il aura consacré sept décennies à une seule et même obsession : faire de l'art une expérience vivante, sensorielle, ouverte à tous.

jeudi 27 août 2026

Programme du mois de septembre


 

U vechju Rutali - Traditions orales - suite

 Extrait du mémoire rédigé par le chanoine Jean-Thomas Flori


Histoire personnelle

Ma vie actuelle et son emploi du temps et de travail sont ceux d'un prêtre corse disponible le jour et la nuit, pris par le ministère pastoral surtout l'été où la population de Calvi atteint le chiffre de 30 000 à 40 000 habitants.
Il faut assumer le culte, la prédication, la catéchèse des enfants, des jeunes et des adultes, administrer les sacrements, visiter les malades...
J'habite le presbytère. Il était la propriété de la paroisse avant la séparation de l'Église et de l'État. Il appartient comme tous les édifices publics à la commune. Le curé cependant en a le libre usage.
Je possède une maison familiale à Rutali. Elle est encore indivise. Elle nous vient de nos parents. Nous l'occupons quelques jours durant l'année, au temps des vacances. À la retraite depuis 1981, j'y réside en permanence.
Au presbytère de Calvi, mes deux sœurs qui ne sont pas mariées vivent avec moi. La première s'occupe de toutes les courses en ville et fait la cuisine; la deuxième, de l'entretien de la maison et de l'église.
Tout ce qui paraît sur la Corse m'intéresse. J'assure moi-même une chronique dans Nice-Matin sous la rubrique : "Images du passé". Au temps où " À Muvra, l'Annu Corsu, À Tramuntana, Paese Corsu" paraissaient, je les lisais car la langue de mon pays m'a toujours passionné, il faudrait que les enfants de nos écoles se mettent sérieusement à l'étudier, car elle est la base même de notre identité.
Je me bornerai ici à relever quelques traditions aujourd'hui disparues, telles que : a tribiera, a tumbera, a argha, a tundera, a battera di e castagne.
Je ferai entrer dans ce cadre quelques images du passé , par exemple : "le chevrier
communal, u zapaghjolu, u carbunaru".


 A TRIBIERA

Les blés sont mûrs. Le temps de la moisson est arrivé. Des femmes, la tête bandée d'un linge blanc afin de se préserver du soleil, qui, en ce mois de juillet darde ses chauds rayons. La faucille "u falcinu" à la main, se déplaçant le long du champ de blé, laissant derrière elles "e manelle", les petites gerbes qu'elles viennent de faucher avec beaucoup de dextérité.
D'autres femmes, aussi habiles que les premières, les ramassent pour les lier ensemble et faire de grandes gerbes qui se dresseront çà et là dans le champ où se fait la moisson. Elles seront amenées dans "l'aghja", c'est là, que commencera "a tribiera".
À suivre

Solution de la grille numéro 924


 

L'instant "poésie"...


 La ville de Sète (dans l'Hérault) s'écrivait autrefois "Cette". Ce nom créait une confusion constante avec l'adjectif démonstratif féminin ("cette"), ce qui a motivé un changement d'orthographe officiel en 1928 pour adopter l'orthographe actuelle de SÈTE.

KÉSACO-585

"késaco-585"

Quel est cet oiseau ?

À la demande

mercredi 26 août 2026

U vechju Rutali - Traditions orales - suite

 

Histoire personnelle

Le corse était couramment parlé à la maison et à l'école...excepté au grand séminaire où tous les professeurs étaient continentaux.
Mes rapports avec ma famille ont toujours été empreints de respect et d'obéissance. Cet esprit d'indépendance ne soufflait pas encore au temps de notre jeunesse.
Comme tous les enfants de notre âge, il nous arrivait d'aller en forêt, pour localiser les nids des oiseaux, ramasser des plantes et des champignons.
Pour nous abriter du soleil, nous construisions pendant l'été, des cabanes que l'on recouvrait de fougère. On s'y abritait soit pour lire, soit pour y jouer aux cartes ou à d'autres jeux. Le jeudi nous aidions nos parents à charrier le bois de chauffage pour l'hiver qui était souvent rigoureux.
Je n'ai pas fait de service militaire. J'en ai été exempté à cause de mes études et d'une santé, alors assez précaire. Mais par contre, j'ai été mobilisé en 1939 et en  1943 dans une section sanitaire, à l'hôpital d'Ajaccio d'abord, et, ensuite à celui de Bastia. Les différents médecins-chefs et les officiers gestionnaires que j'ai connus, ont été d'une extrême gentillesse à mon égard sans doute, parce que j'étais prêtre...
Durant ma mobilisation, ayant approché les hommes de plus près, je les ai mieux compris car, j'ai été alors appelé à vivre la même vie et les mêmes servitudes...Démobilisé en 1945, j'ai retrouvé ma paroisse avec toutes les obligations pastorales.
Un an avant mon ordination sacerdotale qui interviendra le 29 juin 1931, j'ai été détaché comme professeur de 5ème. J'avais dans ma classe au château Bacciochi où était installé le petit séminaire, 37 élèves. Je leur ai enseigné le français, le latin, l'italien, les sciences naturelles et la géographie. J'ai été ensuite curé de Rutali de septembre 1931 au mois de mars 1947 : Curé doyen de Roglianu de 1947 à 1953 et, enfin, j'ai été nommé curé-archiprêtre de Calvi en 1953;
J'ai écrit une monographie de Roglianu que j'ai intitulée : "Brins d'histoire locale". J'ai fait éditer quelques poésies en langue corse sous le titre : "Fiori di machja" et enfin, j'ai consacré quelques rares loisirs à une plaquette : CALVI - Ses églises et ses chapelles.
Concernant la bénédiction des maisons, elle se fait encore dans toutes les paroisses de la Corse dans le courant de la semaine pascale. Les familles tiennent beaucoup à cette bénédiction annuelle. Autrefois, il arrivait en effet de faire des processions pour lutter contre la sècheresse.
J'ai lu avec intérêt, mentionné dans les registres paroissiaux de Roglianu le compte-rendu suivant concernant une procession pour demander la pluie en 1890 :
"La sècheresse sévissait depuis plusieurs mois sur le Cap Corse. Les sources se tarissaient, les pâturages se desséchaient, les animaux périssaient. Devant cette tragique situation, l'abbé SILVAGNOLI, vicaire à Roglianu, prit la décision de sortir la chasse contenant les reliques de St Aimé, martyr. A peine la procession pénétrait-elle dans l'ancienne église paroissiale de St COME et St DAMIEN (détruite hélas par le grand incendie de 1947) que ce fut un vrai déluge. A tel point qu'un italien qui suivait la procession s'est écrié : " I ruglianesi l'hanno cerco quellu santu li, ma se n'e paga"

Paroles de tontons...

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mardi 25 août 2026

U vechju Rutali - Traditions orales - suite

 HISTOIRE PERSONNELLE


Nos jeux : " U STECCU". Ce jeu consistait à envoyer le plus loin possible un bâtonnet à l'aide d'un autre plus grand. Celui que le tirage au sort avait désigné devait l'envoyer dans un cercle tracé sur le sol. S'il réussissait il prenait la place de son partenaire. Il fallait beaucoup d'adresse pour pratiquer ce jeu...
 "U CASTELLU". Il s'agissait de placer par terre cinq noyaux de pêche : Quatre à la base et un au sommet. Celui qui devait démolir "u castellu" se servait d'un noyau de pêche qu'il envoyait avec force contre les cinq autres. S'il réussissait, il empochait les cinq noyaux ; S'il échouait, il en donnait cinq à son partenaire. On jouait aussi aux billes, à "pietatella" (cache-cache), à "a somma di u tobu" (la pyramide) et à d'autres jeux...C'est ainsi que les enfants s'amusaient dans les rues et sur les places.
L'alimentation était sobre. En rentrant de l'école, pendant l'hiver surtout, nous étions heureux de trouver toute chaude sur la table, de la "polenta" de châtaignes que notre maman avait déjà coupée en tranches à l'aide d'un fil...avec du "figatellu" rôti au feu du "fugone". Ce repas frugal était un régal délicieux;
Le soir, une assiettée de bonne soupe où l'on trempait du pain était notre seul et unique menu. Le matin, souvent à la place du café au lait, on nous servait de la bouillie "brilulli" que l'on mangeait avec du lait de chèvre ou de brebis.
Le dimanche, en revenant de la messe nous trouvions sur la table un ragoût copieux et substantiel. Le vin était exclus. les grandes personnes elles mêmes en usaient rarement. L'alimentation n'était certes pas variée, mais elle était abondante ? On mangeait toujours à sa faim...
Nos parents avaient pour le prêtre non seulement du respect, mais de la vénération. Pour eux, la religion était sacrée. Le dimanche, ils mettaient la clé sous la porte, et toute la famille se rendait à la messe. La pratique religieuse était alors de 85%et même de 90%.
De six à douze ans, j'ai fréquenté l'école communale. Je suis rentré au petit séminaire d'Ajaccio où j'ai fait toutes mes études secondaires. C'était le 4 octobre 1919. Admis en 1925 au grand séminaire, j'y ai étudié la philosophie, la théologie dogmatique et morale, l'écriture sainte, le droit canon, l'histoire de l'église, la liturgie et la patrologie.