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Paula Modersohn-Becker
"Nature morte au bocal de poissons rouges"_1906
Détrempe sur carton. (50,5 cm X 74 cm)
Von der Heydt-Museum, Wuppertal, Allemagne.
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Paula
MODERSOHN-BECKER (1876 - 1907) est une artiste peintre allemande,
et l’une des représentantes les plus précoces du mouvement
expressionniste dans son pays. Originaire de Dresde, Paula Becker
s'engage dans des études de peinture et rejoint les artistes
indépendants réunis dans le village de Worpswede, non loin de
Brême, qui prônent un retour à la nature et aux valeurs simples de
la paysannerie. Elle y épouse le peintre Otto Modersohn. Le manque
d'audace des peintres worpswediens, toutefois, la pousse à s'ouvrir
aux inspirations extérieures et à effectuer des séjours répétés
à Paris, auprès de l'avant-garde artistique. Au cours des 14 années
durant lesquelles elle exerce son art, elle réalise pas moins de 750
toiles, 13 estampes et environ un millier de dessins. Son style,
particulièrement original, est le fruit d'influences multiples, aux
confins de la tradition et de la modernité. Sa peinture présente
des aspects mêlant l'impressionnisme de Cézanne, van Gogh ou
Gauguin, le cubisme de Picasso, le fauvisme, l'art japonais ou encore
l'art de la Renaissance allemande. La force expressive de son œuvre
résume à elle seule les principaux aspects de l’art au début du
XXe siècle... Elle meurt prématurément à trente-et-un ans,
des suites d'un accouchement.
"carédar-217" |
Proche
de Paula Modersohn-Becker, le poète Rainer Maria Rilke est
terriblement affecté par la disparition de la jeune femme. Les deux
amis se sont toujours vouvoyés. Mais un an après son décès, il la
tutoie dans un texte poignant à sa mémoire.
"REQUIEM POUR UNE AMIE" (extrait)
Rainer Maria Rilke, 1908
« Dis, dois-je voyager ? As-tu quelque part
laissé une chose qui se désole
et aspire à te suivre ? Dois-je aller visiter un pays
que tu ne vis jamais, quoiqu’il te fût apparenté
comme l’autre moitié de tes sens ?
Je m’en irai naviguer sur ses fleuves, aux étapes
je m’enquerrai de coutumes anciennes,
je parlerai avec les femmes dans l’embrasure des portes,
je serai attentif quand elles appelleront leurs enfants.
[…]
Et des fruits, j’achèterai des fruits, où l’on
retrouve la campagne, jusqu’au ciel.
Car à ceci tu t’entendais : les fruits dans leur plénitude.
Tu les posais sur des coupes devant toi,
tu en évaluais le poids par les couleurs.
Et comme des fruits aussi tu voyais les femmes,
tu voyais les enfants, modelés de l’intérieur
dans les formes de leur existence. »
Rainer Maria Rilke, 1908
« Dis, dois-je voyager ? As-tu quelque part
laissé une chose qui se désole
et aspire à te suivre ? Dois-je aller visiter un pays
que tu ne vis jamais, quoiqu’il te fût apparenté
comme l’autre moitié de tes sens ?
Je m’en irai naviguer sur ses fleuves, aux étapes
je m’enquerrai de coutumes anciennes,
je parlerai avec les femmes dans l’embrasure des portes,
je serai attentif quand elles appelleront leurs enfants.
[…]
Et des fruits, j’achèterai des fruits, où l’on
retrouve la campagne, jusqu’au ciel.
Car à ceci tu t’entendais : les fruits dans leur plénitude.
Tu les posais sur des coupes devant toi,
tu en évaluais le poids par les couleurs.
Et comme des fruits aussi tu voyais les femmes,
tu voyais les enfants, modelés de l’intérieur
dans les formes de leur existence. »
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