Le
grand feu de Noël, abondamment nourri tout au long de la nuit, a de
beaux restes, les villageois de tous âges s'y réchauffent avant la
messe en échangeant des propos animés.
La crèche - U presepiu - retient longuement l'attention émerveillée des enfants, très simple, joliment décorée de mousse et de houx, elle ne cessera d'embellir au cours des siècles. Puis ils prennent place sur le banc habituel, Dorotea, Ghjulia Maria sont bien là, mais pas Zenobia ? Maria s'en inquiète un instant, vite rassurée, elle arrive, peu avant le chjucchettu, bref et dernier appel des cloches, habillée de presque neuf, Maria ne s'en étonne plus !
Sur le grand banc à dossier, à gauche de la nef, elle reconnaît près de signora Vittoria, son époux, Capitan Ghjuvan Battista, leur fils aîné Ignaziu, le Podestat et les deux Pères du Commun (I dui Padri Di U Cumunu).
Sur celui de droite, elle distingue un homme de belle prestance, cheveux blancs bien coiffés, vêtu de velours noir, un bras soutenu par une écharpe. Près de lui, une dame élégante, et les deux jeunes hommes aperçus devant le feu. "C'est Francescu Maria, le colonel, il est blessé" lui chuchote Zenobia à l'oreille. "Et la signora, c'est son épouse et les deux jeunes, leurs fils ; ils en ont quatre, les deux aînés sont restés à Venise, ils viendront plus tard.". Elle a dû glaner ces informations en cours de route, jamais médisante, Zenobia aime bien savoir ce qu'il se passe, "coglie ventu "...
Les dernières salutations faites, ils s'en retournent chez eux. Presque arrivés, ils n'en croient pas leurs yeux… attaché à l'anneau qui n'en a pas vu depuis longtemps, un petit cheval, paganucciu à la robe baie noisette, semble les attendre. Filice aussitôt court à lui, avec l'envie folle de le toucher, de flatter son encolure, ses flancs… mais il s'arrête net, figé dans son élan : la porte de la maison vient de s'ouvrir, un homme apparaît sur le seuil…
Maria est intriguée par
la présence parmi eux de jeunes gens bien mis, très entourés,
qu'elle ne connaît pas. Elle salue, discrètement sans
s'attarder, ses cousins, ziu Andria, l'oncle de son mari, et passe le
porche.
La crèche - U presepiu - retient longuement l'attention émerveillée des enfants, très simple, joliment décorée de mousse et de houx, elle ne cessera d'embellir au cours des siècles. Puis ils prennent place sur le banc habituel, Dorotea, Ghjulia Maria sont bien là, mais pas Zenobia ? Maria s'en inquiète un instant, vite rassurée, elle arrive, peu avant le chjucchettu, bref et dernier appel des cloches, habillée de presque neuf, Maria ne s'en étonne plus !
Sur le grand banc à dossier, à gauche de la nef, elle reconnaît près de signora Vittoria, son époux, Capitan Ghjuvan Battista, leur fils aîné Ignaziu, le Podestat et les deux Pères du Commun (I dui Padri Di U Cumunu).
Sur celui de droite, elle distingue un homme de belle prestance, cheveux blancs bien coiffés, vêtu de velours noir, un bras soutenu par une écharpe. Près de lui, une dame élégante, et les deux jeunes hommes aperçus devant le feu. "C'est Francescu Maria, le colonel, il est blessé" lui chuchote Zenobia à l'oreille. "Et la signora, c'est son épouse et les deux jeunes, leurs fils ; ils en ont quatre, les deux aînés sont restés à Venise, ils viendront plus tard.". Elle a dû glaner ces informations en cours de route, jamais médisante, Zenobia aime bien savoir ce qu'il se passe, "coglie ventu "...
L'Assemblée
se lève, le chant d'entrée accompagne l'arrivée à l'Autel de Canonicu Petru et de Prete Bartulumeu co-célébrants de la
Messa
Sullene
de Noël, peut-être aussi pour Petru, messe d'action de grâce pour
le retour, après vingt cinq ans d'absence, de son frère Francescu
Maria.
L'antique liturgie, les chants de la Cunfraterna,
les mêmes que jadis à San Parteu et San Sari, les parfums mêlés
de l'encens et de la cire d'abeille des cierges sont un baume pour la
blessure cachée du cœur de Maria.Les dernières salutations faites, ils s'en retournent chez eux. Presque arrivés, ils n'en croient pas leurs yeux… attaché à l'anneau qui n'en a pas vu depuis longtemps, un petit cheval, paganucciu à la robe baie noisette, semble les attendre. Filice aussitôt court à lui, avec l'envie folle de le toucher, de flatter son encolure, ses flancs… mais il s'arrête net, figé dans son élan : la porte de la maison vient de s'ouvrir, un homme apparaît sur le seuil…

Et ce fóla il finit à Pâques ou à la Trinité ?
RépondreSupprimerTrès beau conte . Par contre certains ne sont jamais contents !!!
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