mardi 28 septembre 2021

Les Français à table en 1825

PREMIÈRE SÉRIE
Revenu modeste : 5.000 fr.(médiocrité
Une forte rouelle de veau piquée de gros lard et cuite dans son jus ;
Un dindon de ferme farci de marrons de Lyon ;
Des pigeons de volière gras, bardés et cuits  à propos ;
Des œufs à la neige ;
Un plat de choucroute (saur-kraut) hérissé de saucisses et couronné de de lard fumé de Strasbourg.

Expression : "Peste ! Voilà qui a bonne mine : allons, il faut y faire honneur !..."

DEUXIÈME SÉRIE
Revenu présumé : 15.000 fr. (aisance)
Un filet de bœuf à cœur rose piqué et cuit dans son jus ;
Un quartier de chevreuil, sauce hachée aux cornichons ;
Un turbot au naturel ;
Un gigot de présalé à la provençale ;
Un dindon truffé ;
Des petits pois en primeur.

Expression : "Ah ! mon ami, quelle aimable apparition ! Il y a vraiment nopceset festins ."

TROISIÈME SÉRIE
Revenu présumé : 30.000 fr. et plus (richesse)
Une pièce de volaille de sept livres, bourrée de truffes  du Périgord jusqu'à sa conversion en sphéroïde ;
Un énorme pâté de foie gras de Strasbourg, ayant forme de bastion ;
Une grosse carpe du Rhin à la Chambord, richement dotée et parée ;
Des cailles truffées à la moelle, étendues sur des toasts beurrés au basilic ;
Un brochet de rivière piqué, farci et baigné d'une crème d'écrevisses, "secundum artem" ;
Un faisan à son point, piqué en toupet, gisant sur une rôtie travaillée à la sainte alliance ;
Cent asperges de cinq à six lignes de diamètre, en primeur, sauce à l'osmazôme ;
Deux douzaines d'ortolans à la provençale, comme il est dit dans le "Secrétaire et le Cuisinier".

Expression : " Ah ! Monsieur ou Monseigneur, que votre cuisinier est un homme admirable ! On ne rencontre ces choses-là que chez vous ! ".

* Pour que cette phrase soit convenablement articulée, il faut faire sentir le 'p'.

(Source : Physiologie du goût ou Méditations de gastronomie transcendante Dédié aux gastronomes parisiens Jean Anthelme Brillat-Savarin Premières éditions 1825 - 1826)

3 commentaires:

  1. La médiocrité d'alors serait Byzance aujourd'hui ,il devait y avoir beaucoup de beaux restes ; certain- e- s ont toujours eu l'art ( lard ) de les accommoder .

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  2. Comme dirait cousine Sophie ,rien que de lire j'ai pris 3 kilos ! Tous ces plats,un tantinet allégés ,voire réinventés ,pourraient être à la carte des meilleurs à
    l'exception toutefois des ortolans qui doivent voler ,libres et heureux ,dans le ciel d'Occitanie .
    Si DD me demandait une selection pour le blog ,voici mon choix :
    Dans la première série ,la choucroute ,saucisses et lard fumé sans excès .A Noël ,le dindon farci aux marrons et le dessert de mon enfance ,les oeufs à la neige .
    Deuxième série ,la plus gourmande : le gigot de pré salé à la provençale ,le filet de boeuf ,le turbot au naturel,,les petits pois en primeur .
    De la troisième série ,je retiens seulement les toasts beurrés au basilic et les asperges .
    Ce qui me désole ? L'absence de frites ! Et vous ? Yzus

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  3. Merci et bravo pour les ortolans et aussi pour votre chronique gastrinomique du samedi .
    Mon petit doigt m'a dit que vous avez été proche de James de Coquet et d'Alice Chavane .Ils doivent être contents de vous .
    PS j'adore les frites maison .
    GC

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