Petit journal inter-actif à l'attention des Rutalais et des Rutalaises, d'ici et d'ailleurs, et de tous ceux qui aiment le beau village de Rutali.
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J'ai le dégoût, ce soir, de ta vie lente et morne,
De ta plaine endormie, de ton horizon clos,
De tes noires maisons accroupies au repos
Etroitement serrées, en d'immuables bornes.
Je te voudrais ouvert comme un port au matin
Tout frissonnant d'espoirs, de bateaux en partance.
Tout chanterait alors l'heureuse délivrance
Du joug quotidien dans l'azur du lointain.
Je te voudrais brillant comme une ville heureuse,
De guirlandes de fleurs parant ses folles nuits,
Enivré de chansons, de rires et de bruits
Et nourri chaque jour de vie neuve et joyeuse.
Mais tu es là, terne et fermé, toujours pareil,
Ancré dans tes sillons, tes prudentes routines,
A peine curieux des grand-villes voisines,
Avide seulement de pluie et de soleil.
Tu es fait pour le pain, pour le vin, pour la laine,
Pour des bonheurs précis , limités et certains,
Ton horizon étroit replie les désirs vains
Et limite les joies au cercle de la plaine.
Tu bornes ton destin au rythme essentiel
A la faim, à la soif, aux humbles servitudes
Qui t'imposent la loi des vieilles habitudes
Et mesurent ta vie à la courbe du ciel.
Et c'est pourquoi, toujours, ô mon pauvre village,
Ton austère beauté me ramène vers toi :
De nouveau tendrement, j'aime ta dure loi
Et les feuillets usés de ton livre d'images.
........................................
Louisa Paulin (1988-1944) poétesse occitane ,poésie bilingue. Ce poème est extrait de:"Je voudrais bâtir une ville heureuse"qui contient des poèmes en occitan;J'aime beaucoup. BBPM.
Mesure,
RépondreSupprimerJ'ai le désir, ce soir, d'un bonheur inconnu
Qui ne peut être en toi ô mon pauvre village !
Tu n'es à mes yeux las qu'un vieux livre d'images
Trop longtemps feuilleté et trop longtemps relu.
J'ai le dégoût, ce soir, de ta vie lente et morne,
De ta plaine endormie, de ton horizon clos,
De tes noires maisons accroupies au repos
Etroitement serrées, en d'immuables bornes.
Je te voudrais ouvert comme un port au matin
Tout frissonnant d'espoirs, de bateaux en partance.
Tout chanterait alors l'heureuse délivrance
Du joug quotidien dans l'azur du lointain.
Je te voudrais brillant comme une ville heureuse,
De guirlandes de fleurs parant ses folles nuits,
Enivré de chansons, de rires et de bruits
Et nourri chaque jour de vie neuve et joyeuse.
Mais tu es là, terne et fermé, toujours pareil,
Ancré dans tes sillons, tes prudentes routines,
A peine curieux des grand-villes voisines,
Avide seulement de pluie et de soleil.
Tu es fait pour le pain, pour le vin, pour la laine,
Pour des bonheurs précis , limités et certains,
Ton horizon étroit replie les désirs vains
Et limite les joies au cercle de la plaine.
Tu bornes ton destin au rythme essentiel
A la faim, à la soif, aux humbles servitudes
Qui t'imposent la loi des vieilles habitudes
Et mesurent ta vie à la courbe du ciel.
Et c'est pourquoi, toujours, ô mon pauvre village,
Ton austère beauté me ramène vers toi :
De nouveau tendrement, j'aime ta dure loi
Et les feuillets usés de ton livre d'images.
........................................
Louisa Paulin (1988-1944) poétesse occitane ,poésie bilingue.
Ce poème est extrait de:"Je voudrais bâtir une ville heureuse"qui contient des poèmes en occitan;J'aime beaucoup. BBPM.
Portrait d'Irène ,la petite fille au ruban bleu .Merci .S.
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