Le Pont Mirabeau
Sous
le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il
m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine.
Vienne
la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure.
Les
mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le
pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si
lasse.
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je
demeure.
L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour
s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est
violente.
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont
je demeure.
Passent les jours et passent les semaines
Ni
temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau
coule la Seine.
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en
vont je demeure.
Guillaume Apollinaire. (1880-1918)
Alcools (1913).
RépondreSupprimerAutomne malade
Guillaume Apollinaire
Automne malade et adoré
Tu mourras quand l’ouragan soufflera dans les roseraies
Quand il aura neigé
Dans les vergers
Pauvre automne
Meurs en blancheur et en richesse
De neige et de fruits mûrs
Au fond du ciel
Des éperviers planent
Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et naines
Qui n’ont jamais aimé
Aux lisières lointaines
Les cerfs ont bramé
Et que j’aime ô saison que j’aime tes rumeurs
Les fruits tombant sans qu’on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille
Les feuilles
Qu’on foule
Un train
Qui roule
La vie
S’écoule
Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913
J'aime beaucoup le poète des calligrammes;
RépondreSupprimerSur le front de 14-18, ses compagnons d'armes le surnommaient Kostro l'exquis ou cointreau-whisky, pour Kostrowicki son véritable nom. Apollinaire était l'un de ses prénoms. Il est mort pour la France le 9 novembre 1918, deux jours avant l'armistice. Il n'avait que 38 ans.
RépondreSupprimerMort de la grippe espagnole..comme beaucoup..
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