![]() |
| carédar-481" |
En
1963, Raysse s’installe à Los Angeles, qui lui rappelle avec
délice l’univers cristallin et hédoniste de la côte d’Azur. Il
est alors sollicité par les plus grands musées européens et
plusieurs galeries américaines. Son langage pictural est proche de
celui des artistes du pop art, notamment de Roy Lichtenstein, qui
"regarde et restructure la publicité avec les yeux de Seurat
ou de Léger". Avec cette nouvelle série "Made in
Japan", Raysse convoque des icônes de l’histoire de l’art
sur le mode du pastiche : Cranach l’Ancien (Conversation
printanière, 1964), Tintoret (Suzanna, Suzanna,
1964), François Gérard et surtout Ingres, dont cette œuvre est une
parfaite illustration. Toujours dans l’esprit d’appropriation et
de détournement propre au pop art et au Nouveau Réalisme, ce
tableau, réalisé à partir de l’agrandissement d’un cliché
dont l’artiste n’a conservé que les contours, perpétue
l’apologie de la féminité et de la sensualité à travers un
langage devenu plus expressionniste, voire kitsch : "La
beauté, c’est le mauvais goût. […] Le mauvais goût, c’est le
rêve d’une beauté trop voulue." Dans certains titres de la
série, Raysse est explicite sur son désir de "cinéma",
d’images magnifiées par le mouvement – il parle de
"martiacolor" – ; il cherche ainsi à
modifier l’espace pictural à partir d’un usage non conventionnel
de la couleur et de la représentation, n’hésitant pas à
convoquer, de temps à autre, une note d’humour et de dérision,
comme en témoigne la mouche en plastique fixée sur la partie
supérieure de ce tableau. _ Caroline Cros
|
(Source : Extrait du catalogue Collection art contemporain - La collection du Centre Pompidou, Musée national d'art moderne , sous la direction de Sophie Duplaix, Paris, Centre Pompidou, 2007) Martial RAYSSE est un peintre, sculpteur et réalisateur français né le 12 février 1936 à Golfe-Juan (Alpes-Maritimes). Il vit et travaille à Issigeac (Dordogne). En 2011, il détient le record de l'œuvre la plus chère vendue par un artiste français vivant. |



Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire