vendredi 10 décembre 2021

MUSÉE du "carédar"... SEURAT-La Luzerne, Saint-Denis_1885[]

Georges SEURAT
"La Luzerne,Saint-Denis"_1885
Huile sur toile. (65,3 cm X 81,3 cm)
National Galleries of Scotland, Édimbourg.

"carédar-486"

"La Luzerne, Saint-Denis" tableau aussi connu sous le nom de "Champ de luzerne, Saint-Denis" et "Champ de coquelicots"Ici, nous voyons un champ de luzerne, la culture verte infiltrée par les coquelicots rouges. Le long de l’horizon est enfilé une série de hangars pâles et de dépendances sous un ciel argenté. Au loin se trouve Saint-Denis, une banlieue à dix kilomètres au nord du centre de Paris, qui s’industrialisait rapidement dans les dernières décennies du XIXe siècle. La peinture a une ligne d’horizon très haute: Seurat représente les plantes comme quatre-vingts pour cent de la toile. Sur la droite contre le ciel se trouve un petit arbre, et au premier plan une masse plus sombre résulte de l’ombre projetée par un grand arbre derrière l’artiste et le spectateur.

L’intensité luxuriante des peintures de Seurat est obtenue par la couleur pure et son application de la peinture en petits traits organisés. La roue chromatique a été élaborée pour la première fois par le chimiste Chevreul en 1839, le rouge, le bleu et le jaune étant primaires, et les mélanges violet, vert et orange des couleurs secondaires. Chaque teinte résultante peut être éclaircie ou assombrie par le blanc ou le noir. La théorie des couleurs est basée sur les perceptions changeantes du spectateur, chaque couleur étant affectée par les couleurs environnantes. Au lieu de pré-mélanger les peintures, des artistes divisionnistes ou néo-impressionnistes comme Seurat ont placé des taches de couleur pure les unes à côté des autres, afin que l’œil les mélange.

À Lucerne, Saint-Denis, le vert vif de la luzerne est produit par les traits courts et droits de bleu et de jaune de Seurat, sillonnés pour produire le champ animé. Des interruptions joyeuses de rouge, blanc et rose se produisent lorsque les fleurs émergent de la culture. L’ombre de l’arbre à l’avant droit est produite par un bleu plus foncé, avec moins de jaune. Au-delà de la clôture, les coups de peinture deviennent horizontaux, calmant la vue et s’éclaircissant dans le ton vers l’horizon et le ciel lointains.

Seurat utilise ces stratégies radicales pour produire un effet de sur-le-champ, si caractéristique de l’art après les premières expériences impressionnistes dans les années 1860 et 1870. Il n’y a pas d’histoire à raconter ici, pas d’incident pour tirer des conclusions, seulement la reproduction d’effets visuels tels que perçus par l’artiste. La nature de la beauté a changé, car le peintre fait des choix nouveaux et différents de sujet et de technique, de sorte que le contenu et le sens de l’art sont transformés.

(article rédigé par Christine Dixon)


Georges Pierre SEURAT (1859 - 1891) est un artiste post-impressionniste français. Il est surtout connu pour avoir conçu les techniques de peinture connues sous le nom de chromoluminarisme et de pointillisme. Bien que moins célèbres que ses peintures, les dessins au crayon conté de Seurat ont également suscité beaucoup d’appréciation critique.

La personnalité artistique de Seurat combinait des qualités que l’on pense généralement opposées et incompatibles : d’une part, sa sensibilité extrême et délicate, d’autre part, une passion pour l’abstraction logique et une précision d’esprit presque mathématique. Son œuvre à grande échelle "Un dimanche après-midi sur l’île de La Grande Jatte" (cf. blog : 25 janvier 2013) a modifié la direction de l’art moderne en initiant le néo-impressionnisme, et est l’une des icônes de la peinture de la fin du 19e siècle.

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