RAIPONCE est un conte écrit par les frères Grimm et figure dans leur recueil
« Contes de l'enfance et du foyer » écrit en 1812.
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Raiponce était
une fillette, et la plus belle qui fut sous le soleil. Lorsqu'elle
eut ses douze ans, la sorcière l'enferma dans une tour qui se
dressait, sans escalier ni porte, au milieu d'une forêt. Et comme la
tour n'avait pas d'autre ouverture qu'une minuscule fenêtre tout en
haut, quand la sorcière voulait y entrer, elle appelait sous la
fenêtre et criait :
"Raiponce, Raiponce, Descends-moi tes cheveux."
Raiponce avait de longs et merveilleux cheveux qu'on eût dits de
fils d'or. En entendant la voix de la sorcière, elle défaisait sa
coiffure, attachait le haut de ses nattes à un crochet de la fenêtre
et les laissait se dérouler jusqu'en bas, à vingt aunes au-dessous,
si bien que la sorcière pouvait se hisser et entrer.
Quelques années
plus tard, il advint qu'un fils de roi qui chevauchait dans la forêt
passa près de la tour et entendit un chant si adorable qu'il
s'arrêta pour écouter. C'était Raiponce qui se distrayait de sa
solitude en laissant filer sa délicieuse voix. Le fils de roi, qui
voulait monter vers elle, chercha la porte de la tour et n'en trouva
point. Il tourna bride et rentra chez lui ; mais le chant l'avait si
fort bouleversé et ému dans son cœur, qu'il ne pouvait plus
laisser passer un jour sans chevaucher dans la forêt pour revenir à
la tour et écouter. Il était là, un jour, caché derrière un
arbre, quand il vit arriver une sorcière qu'il entendit appeler sous
la fenêtre : "Raiponce, Raiponce, Descends-moi tes cheveux."
Alors
Raiponce laissa se dérouler ses nattes et la sorcière grimpa. « Si
c'est là l'escalier par lequel on monte, je veux aussi tenter ma
chance », se dit-il ; et le lendemain, quand il commença à faire
sombre, il alla au pied de la tour et appela :
"Raiponce, Raiponce,
Descends-moi tes cheveux."
Les nattes se déroulèrent aussitôt
et le fils de roi monta. Sur le premier moment, Raiponce fut très
épouvantée en voyant qu'un homme était entré chez elle, un homme
comme elle n'en avait jamais vu ; mais il se mit à lui parler
gentiment et à lui raconter combien son cœur avait été touché
quand il l'avait entendue chanter, et qu'il n'avait plus eu de repos
tant qu'il ne l'eût vue en personne. Alors Raiponce perdit son
effroi, et quand il lui demanda si elle voulait de lui comme mari,
voyant qu'il était jeune et beau, elle pensa : "Celui-ci m'aimera
sûrement mieux que ma vieille mère-marraine, la Taufpatin", et
elle répondit qu'elle le voulait bien, en mettant sa main dans la
sienne. Elle ajouta aussitôt :
- Je voudrais bien partir avec toi,
mais je ne saurais pas comment descendre. Si tu viens, alors
apporte-moi chaque fois un cordon de soie : j'en ferai une échelle,
et quand elle sera finie, je descendrai et tu m'emporteras sur ton
cheval.
Ils convinrent que d'ici là il viendrait la voir tous les
soirs, puisque pendant la journée venait la vieille. ...
(... à suivre)

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