Luisant Soleil, que tu es bienheureux
Luisant
Soleil, que tu es bienheureux
De voir toujours de t'Amie la face
!
Et toi, sa sœur, qu'Endymion embrasse,
Tant te repais de
miel amoureux !
Mars voit Vénus ; Mercure aventureux
De
Ciel en Ciel, de lieu en lieu se glace ;
Et Jupiter remarque en
mainte place
Ses premiers ans plus gais et chaleureux.
Voilà
du Ciel la puissante harmonie,
Qui les esprits divins ensemble lie
;
Mais, s'ils avaient ce qu'ils aiment lointain,
Leur
harmonie et ordre irrévocable
Se tournerait en erreur
variable,
Et comme moi travailleraient en vain.
Louise Labé (1524 - 1566)
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