dimanche 2 juin 2024

Corse Matin - juillet 2010



 

2 commentaires:

  1. Le présent se fait vide et triste,
    Ô mon amie, autour de nous ;
    Combien peu de passé subsiste !
    Et ceux qui restent changent tous.

    Nous ne voyons plus sans envie
    Les yeux de vingt ans resplendir,
    Et combien sont déjà sans vie
    Des yeux qui nous ont vus grandir !

    Que de jeunesse emporte l’heure,
    Qui n’en rapporte jamais rien !
    Pourtant quelque chose demeure :
    Je t’aime avec mon coeur ancien,

    Mon vrai coeur, celui qui s’attache
    Et souffre depuis qu’il est né,
    Mon coeur d’enfant, le coeur sans tache
    Que ma mère m’avait donné ;

    Ce coeur où plus rien ne pénètre,
    D’où plus rien désormais ne sort ;
    Je t’aime avec ce que mon être
    A de plus fort contre la mort ;

    Et, s’il peut braver la mort même,
    Si le meilleur de l’homme est tel
    Que rien n’en périsse, je t’aime
    Avec ce que j’ai d’immortel.

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  2. Ce qui dure ... René-François Sully Prudhomme

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