Pauvres gosses
Comme
il te faut payer sur cette planète
pour nous aimer en toute
tranquillité
tout le monde examine les draps,
tous se
préoccupent de ton amour.
Et
se racontent des choses terribles
au sujet d’un homme et d’une
femme
qui après maintes tergiversations
et maintes
considérations
font quelque chose d’unique,
ils se couchent
dans un seul lit.
Je
me demande si les grenouilles
se surveillent et s’éternuent au
nez,
si elles se font des messes basses dans les mares
contre
les grenouilles illégitimes,
contre le plaisir des batraciens
Je
me demande si les oiseaux
ont des oiseaux ennemis
et si le
taureau prête l’oreille aux bœufs
avant de rencontrer la
vache.
Déjà
les routes ont des yeux,
les parcs ont leur police,
leurs
secrets les hôtels,
les fenêtres enregistrent les
noms,
s’embarquent troupes et canons
déterminés contre
l’amour,
travaillent inlassablement
les gorges et les
oreilles,
et un garçon et sa petite amie
se mettent à
fleurir
en volant sur une bicyclette.
(Traduit par Gilles de Seze)
Pablo Neruda
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