LA CUISINIÈRE DES KENNEDY
VALÉRIE PATURAUD. POCKET. 9,30 €
Née en 1907 à Marseille, abandonnée à la naissance, Andrée Leufroy-Imbert a connu un destin exceptionnel qui l’a menée des fourneaux de la Drôme aux cuisines des Kennedy, aux États-Unis. Une histoire fascinante racontée dans un livre signé Valérie Paturaud .
Placée en famille d’accueil, Andrée développe très tôt une passion pour la cuisine, dès l’adolescence elle en maîtrise les bases, sauces, farces, découpe des viandes… À 15 ans, elle est engagée comme cuisinière dans un château où elle va rester cinq ans. Mariée à un cafetier de Venterol, elle ouvre en 1929 son premier restaurant, le Café de la Poste, qui rencontre un franc succès. Mais face à un mari alcoolique, elle prend son indépendance (sans divorcer), et part travailler à Lyon chez la Mère Léa, célèbre restauratrice, les Berliet qu’elle suivra à Cannes avant de rejoindre la brigade du chef de la maison Lumière au Cap d’Ail. Par la suite, Andrée Imbert va cuisiner pour des personnalités : Albert Camus, qui se repose incognito à Cabris, où il reçoit Jean-Paul Sartre et Dolorès Vanetti, Michel Gallimard, Janine son épouse et leur fille Anne. C’est elle qui demande à son père de faire venir Andrée dans leur maison de Sorel-Moussel, en Eure-et-Loir. Elle y restera l’année entière.
De retour à Cannes, une annonce attire son attention « Urgent, américains amoureux de la France et de sa cuisine recherchent... »
En 1953, la vie d’Andrée Imbert connaît un véritable tournant. Après deux années au service d’Helen et Fred Rogers, les Américains de l’annonce, propriétaires de la villa Ad Astra sur la colline de la Californie, qui voit défiler Picasso, Jean Marais, Brigitte Bardot, Jean Cocteau, Kirk Douglas, le duc et la duchesse de Windsor…, Helen Rogers lui propose de les accompagner aux États-Unis.
À New York, les Rogers reçoivent la visite de Rose et Joe Kennedy qui les invitent pour Noël à Palm Beach, en Floride. Bien sûr, Andrée sera du voyage.
Dès 1955, elle va intégrer le cercle intime des Kennedy. À La Querida ,1095 North Ocean Boulevard, elle prépare des repas pour la famille et leurs invités prestigieux, de Frank Sinatra au Général de Gaulle.
John Fitzgerald, le futur président, raffole de ses criques de pommes de terre et de son ragoût de poisson à la tomate. Andrée va partager durant deux décennies la vie de la famille Kennedy qui lui a toujours témoigné beaucoup d’affection .Elle a été témoin ,depuis l’intérieur ,des grands événements historiques des années soixante aux États-Unis, notamment les tragiques assassinats de John Kennedy et de son frère.
Un lien profond se noue entre elle et les enfants, qui ne se rompra jamais.
Lorsque le jeune Teddy, atteint d’une tumeur au genou est amputé d’une jambe, elle prolonge son séjour de deux ans pour l’aider dans sa rééducation.
De retour en France, Andrée Imbert vit à Valréas ; elle n’a jamais cessé d’être en contact avec les Kennedy. Les enfants de Ted, Kara et Teddy, lui rendent visite, à deux reprises, dans les années 80.
Elle percevait chaque mois sa retraite des années de travail en France mais surtout, jusqu’au dernier jour, une rente généreuse versée par Ted Kennedy.
L’histoire d’Andrée Imbert est racontée dans La cuisinière des Kennedy, écrit par Valérie Paturaud. À travers des lettres, des photos et des témoignages, le livre plonge au cœur de cette époque fascinante mêlant la grande histoire à la petite...

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