Né de la peur des envahisseurs, du fait de sa position imprenable, Occi est mort de s'être trop excentré. Le hameau d'Occi n'est plus qu'un équilibre miraculeux de granit. Les toits sont effondrés, les murs cèdent peu à peu sous le poids des ans. Chaque averse est un coup de plus porté à cette fragile dentelle de pierre. Seule l'église de l'Annunziata est préservée des avaries du temps, ressuscitée par l'association pour la sauvegarde du site et Laetitia Casta, l'enfant du pays, qui a mis la main à la poche.
Au XVIe siècle, 150 habitants vivaient autour de la chapelle. Une fontaine toute proche, sous des chênes, les vestiges de cultures en terrasses et l'aire de battage qui surplombe les ruines évoquent encore l'ancienne vie de la petite communauté paysanne et pastorale, fondée au XIIe siècle par des habitants chassés du rivage par les attaques barbaresques. Le dernier résident, l' «ermite» Félix Giudicelli, est mort en 1918. Son prétendu trésor susciterait toujours quelques convoitises.
À Occi, pourtant, seul le silence est d'or. Son autre richesse réside dans le panorama grandiose que ce promontoire offre aux visiteurs. Occi est l' «oculus», l'œil de la façade maritime de la Balagne. Depuis la «Casa tora», cette bâtisse avancée dont les ouvertures évoquent une tour de surveillance, le regard embrasse le Capu Cavallu, le golfe de Calvi, la marine de Sant'Ambroggiu, la pointe de Spanu, et même, par temps clair, le cap Corse. Ne craignez pas la brume. Elle entoure les ruines d'une couche supplémentaire de mystère.
(DR:L'express)
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