jeudi 27 août 2026

U vechju Rutali - Traditions orales - suite

 Extrait du mémoire rédigé par le chanoine Jean-Thomas Flori


Histoire personnelle

Ma vie actuelle et son emploi du temps et de travail sont ceux d'un prêtre corse disponible le jour et la nuit, pris par le ministère pastoral surtout l'été où la population de Calvi atteint le chiffre de 30 000 à 40 000 habitants.
Il faut assumer le culte, la prédication, la catéchèse des enfants, des jeunes et des adultes, administrer les sacrements, visiter les malades...
J'habite le presbytère. Il était la propriété de la paroisse avant la séparation de l'Église et de l'État. Il appartient comme tous les édifices publics à la commune. Le curé cependant en a le libre usage.
Je possède une maison familiale à Rutali. Elle est encore indivise. Elle nous vient de nos parents. Nous l'occupons quelques jours durant l'année, au temps des vacances. À la retraite depuis 1981, j'y réside en permanence.
Au presbytère de Calvi, mes deux sœurs qui ne sont pas mariées vivent avec moi. La première s'occupe de toutes les courses en ville et fait la cuisine; la deuxième, de l'entretien de la maison et de l'église.
Tout ce qui paraît sur la Corse m'intéresse. J'assure moi-même une chronique dans Nice-Matin sous la rubrique : "Images du passé". Au temps où " À Muvra, l'Annu Corsu, À Tramuntana, Paese Corsu" paraissaient, je les lisais car la langue de mon pays m'a toujours passionné, il faudrait que les enfants de nos écoles se mettent sérieusement à l'étudier, car elle est la base même de notre identité.
Je me bornerai ici à relever quelques traditions aujourd'hui disparues, telles que : a tribiera, a tumbera, a argha, a tundera, a battera di e castagne.
Je ferai entrer dans ce cadre quelques images du passé , par exemple : "le chevrier
communal, u zapaghjolu, u carbunaru".


 A TRIBIERA

Les blés sont mûrs. Le temps de la moisson est arrivé. Des femmes, la tête bandée d'un linge blanc afin de se préserver du soleil, qui, en ce mois de juillet darde ses chauds rayons. La faucille "u falcinu" à la main, se déplaçant le long du champ de blé, laissant derrière elles "e manelle", les petites gerbes qu'elles viennent de faucher avec beaucoup de dextérité.
D'autres femmes, aussi habiles que les premières, les ramassent pour les lier ensemble et faire de grandes gerbes qui se dresseront çà et là dans le champ où se fait la moisson. Elles seront amenées dans "l'aghja", c'est là, que commencera "a tribiera".
À suivre

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