Histoire personnelle
Mes rapports avec ma famille ont toujours été empreints de respect et d'obéissance. Cet esprit d'indépendance ne soufflait pas encore au temps de notre jeunesse.
Comme tous les enfants de notre âge, il nous arrivait d'aller en forêt, pour localiser les nids des oiseaux, ramasser des plantes et des champignons.
Pour nous abriter du soleil, nous construisions pendant l'été, des cabanes que l'on recouvrait de fougère. On s'y abritait soit pour lire, soit pour y jouer aux cartes ou à d'autres jeux. Le jeudi nous aidions nos parents à charrier le bois de chauffage pour l'hiver qui était souvent rigoureux.
Je n'ai pas fait de service militaire. J'en ai été exempté à cause de mes études et d'une santé, alors assez précaire. Mais par contre, j'ai été mobilisé en 1939 et en 1943 dans une section sanitaire, à l'hôpital d'Ajaccio d'abord, et, ensuite à celui de Bastia. Les différents médecins-chefs et les officiers gestionnaires que j'ai connus, ont été d'une extrême gentillesse à mon égard sans doute, parce que j'étais prêtre...
Durant ma mobilisation, ayant approché les hommes de plus près, je les ai mieux compris car, j'ai été alors appelé à vivre la même vie et les mêmes servitudes...Démobilisé en 1945, j'ai retrouvé ma paroisse avec toutes les obligations pastorales.
Un an avant mon ordination sacerdotale qui interviendra le 29 juin 1931, j'ai été détaché comme professeur de 5ème. J'avais dans ma classe au château Bacciochi où était installé le petit séminaire, 37 élèves. Je leur ai enseigné le français, le latin, l'italien, les sciences naturelles et la géographie. J'ai été ensuite curé de Rutali de septembre 1931 au mois de mars 1947 : Curé doyen de Roglianu de 1947 à 1953 et, enfin, j'ai été nommé curé-archiprêtre de Calvi en 1953;
J'ai écrit une monographie de Roglianu que j'ai intitulée : "Brins d'histoire locale". J'ai fait éditer quelques poésies en langue corse sous le titre : "Fiori di machja" et enfin, j'ai consacré quelques rares loisirs à une plaquette : CALVI - Ses églises et ses chapelles.
Concernant la bénédiction des maisons, elle se fait encore dans toutes les paroisses de la Corse dans le courant de la semaine pascale. Les familles tiennent beaucoup à cette bénédiction annuelle. Autrefois, il arrivait en effet de faire des processions pour lutter contre la sècheresse.
J'ai lu avec intérêt, mentionné dans les registres paroissiaux de Roglianu le compte-rendu suivant concernant une procession pour demander la pluie en 1890 :
"La sècheresse sévissait depuis plusieurs mois sur le Cap Corse. Les sources se tarissaient, les pâturages se desséchaient, les animaux périssaient. Devant cette tragique situation, l'abbé SILVAGNOLI, vicaire à Roglianu, prit la décision de sortir la chasse contenant les reliques de St Aimé, martyr. A peine la procession pénétrait-elle dans l'ancienne église paroissiale de St COME et St DAMIEN (détruite hélas par le grand incendie de 1947) que ce fut un vrai déluge. A tel point qu'un italien qui suivait la procession s'est écrié : " I ruglianesi l'hanno cerco quellu santu li, ma se n'e paga"
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire