Petit journal inter-actif à l'attention des Rutalais et des Rutalaises, d'ici et d'ailleurs, et de tous ceux qui aiment le beau village de Rutali.
Adresse mail : blogvocedirutali@orange.fr
-Si vous le voulez ,mes amis ,aujourd'hui nous allons évoquer une première fois . -Que veux-tu dire , Elisa ? -Eh bien ! Un évènement qui vous a marqué très fort : La première fois que vous avez voyagé seul(e), par exemple ,que vous avez pris l'avion ou le bateau . Votre premier amour ,votre premier vrai chagrin etc..... Marie-Do prit la parole : -L'année de mes huit ans ,un bébé avait grossi notre fratrie . Maman , très occupée avec sa nombreuse famille ,avait une aide pour la lessive .Lola lavait le linge au lavoir communal .Une fontaine d'eau claire remplissait le bassin et la vie du village alimentait les conversations des lavandières .Lola , le linge lavé et étendu ,était rentrée chez elle et maman cherchait en vain sa brosse à linge . -Va voir , me dit-elle ,si elle n'est pas restée sur le bord du bassin. Fière d'une telle mission , je courus jusqu'au lavoir qu'annonçait un brouhaha de paroles ponctué par les coups de battoir .Une dame me remit la brosse oubliée. Près de la fontaine , deux camarades sautaient à la corde . Elles m'invitèrent au jeu .Dressée sur la pointe des pieds ,je posai la brosse sur un tonneau de bois et les rejoignis Ensuite , ce fut la marelle que je traçai sur le sol terreux à l'aide d'un petit bâton . Quelles passionnantes parties à pousser le palet de "la terre" jusqu'au "ciel" ! Pour finir ,Lillina alla chercher sa balle de chiffons et nous fîmes une partie de balle au mur . Combien de temps s'était écoulé ? Quand on s'amuse bien ....n'est-ce pas ? Je rentrai enfin à la maison .Maman me reçut la mine sévère :"Tu en a mis du temps ! Où est la brosse ?" Aïe!! ...je ne savais plus où je l'avais laissée .Apeurée devant l'air courroucé de ma mère , je dévalai les escaliers ,elle me suivit , me rattrapa et me donna une fessée cuisante et surtout humiliante .Je m'efforçais de ne pas pleurer et nous arrivâmes au lavoir .Maman vit la brosse sur le tonneau , honteuse ,je baissai la tête .Ma mère continua sa route pour rendre visite à une amie malade . Ce fut la seule correction que je reçus . Je ne l'ai jamais oubliée .......
Allons ,les amis ,vous avez certainement une "première fois" qui vous a laissé des souvenirs ! Ne soyez pas timides ! Osez !Nous sommes curieux de vous lire ..Elisa.
-Vais-je vous raconter ma première traversée de notre "mère" Méditerranée? -Mais oui,Denise ,ça nous rappellera des souvenirs . C'était .......il y a fort longtemps, à l'époque où les jeunes (et moins jeunes )quittaient l'île en masse pour travailler sur le continent ..Cette année là , c'était mon tour . D'ailleurs , les trois quarts de ma classe se retrouvaient sur le pont du "VILLE d'AJACCIO" qui devait effectuer une de ses dernières traversées .Devant nous , la ville s'étageait sur la colline .Sur le quai ,les parents ,inquiets et résignés , criaient leurs dernières recommandations .Le bateau doubla la jetée et s'éloigna vers le nord .Fin des vacances , fin des études ,fin d'une certaine insouciance ?Et après cette nuit hors du temps , le début de l'aventure ? de la liberté ? de la responsabilité ?Le bac en poche ,nous allions devenir fonctionnaires .....Avenir quelque peu angoissant et malgré tout plein d'espoir . La mer était calme en ce début d'automne et ,la plupart d'entre nous ,guidés par les anciens ,avions récupéré un transat pour y passer la nuit . Maïté ,qui en était à sa deuxième année de traversées ,m'appela discrètement :"Tu sais ,Denise ,j'ai deux cousins qui travaillent sur ce bateau .A partir de minuit leurs cabines sont libres . Si tu veux dormir un peu , tu pourras en occuper une et moi l'autre ." J'acceptais avec reconnaissance .A l'heure dite ,je trimballai ma" valise en carton" de couloirs en échelles et arrivai dans une petite cabine proprette . "Installe-toi sur la couchette ,je suis à côté dit Maïté ,je viendrai te chercher au matin ." En prévision du mal de mer , j'avais avalé un cachet de nautamine et m'endormis rapidement .Pendant la nuit ,je sentis quelqu'un qui s'allongeait près de moi .Je me dressai brusquement .Tout était noir dans la cabine . -Chut ! fit une voix mâle,c'est moi ,Pierrot ,le cousin de Maïté .N'aie pas peur ,je ne vais pas te violer ! Effarée , je demandai de la lumière et vis un petit bonhomme moustachu qui m'examinait . -J'ai fini mon travail,dit-il , je viens me reposer ,mais tu peux rester jusqu'au matin . -Oh non , monsieur , je vais retrouver mes amies . -Ah bon ! Je tremblai de tous mes membres . Pierrot m'aida à transporter ma valise et je rejoignis la petite bande qui s'inquiétait de moi : -Mais où étais-tu passée ?Tu t'étais perdue ?Je racontai mon aventure . -Pauvre naïve ,s'exclama Nicole .Personne ne t'a prévenue ? -Prévenue ? De quoi ?Maïté ....ses cousins .... -Ah oui ,celle là ! On la connaît . Méfiance ! Le reste de la nuit fut calme et frisquet sous les étoiles .Au petit matin ,le port de Marseille apparut ,immense .Bientôt nous fûmes sous la protection de la Bonne Mère .Mon oncle et ma tante m'attendaient au pied de l'échelle . Ainsi commencèrent des années d'allers et retours plus ou moins agités .Mais ce premier voyage avait ébranlé ma naïveté et m'avait appris la méfiance .
-Si vous le voulez ,mes amis ,aujourd'hui nous allons évoquer une première fois .
RépondreSupprimer-Que veux-tu dire , Elisa ?
-Eh bien ! Un évènement qui vous a marqué très fort : La première fois que vous avez voyagé seul(e), par exemple ,que vous avez pris l'avion ou le bateau . Votre premier amour ,votre premier vrai chagrin etc.....
Marie-Do prit la parole :
-L'année de mes huit ans ,un bébé avait grossi notre fratrie . Maman , très occupée avec sa nombreuse famille ,avait une aide pour la lessive .Lola lavait le linge au lavoir communal .Une fontaine d'eau claire remplissait le bassin et la vie du village alimentait les conversations des lavandières .Lola , le linge lavé et étendu ,était rentrée chez elle et maman cherchait en vain sa brosse à linge .
-Va voir , me dit-elle ,si elle n'est pas restée sur le bord du bassin.
Fière d'une telle mission , je courus jusqu'au lavoir qu'annonçait un brouhaha de paroles ponctué par les coups de battoir .Une dame me remit la brosse oubliée. Près de la fontaine , deux camarades sautaient à la corde . Elles m'invitèrent au jeu .Dressée sur la pointe des pieds ,je posai la brosse sur un tonneau de bois et les rejoignis Ensuite , ce fut la marelle que je traçai sur le sol terreux à l'aide d'un petit bâton . Quelles passionnantes parties à pousser le palet de "la terre" jusqu'au "ciel" ! Pour finir ,Lillina alla chercher sa balle de chiffons et nous fîmes une partie de balle au mur . Combien de temps s'était écoulé ? Quand on s'amuse bien ....n'est-ce pas ?
Je rentrai enfin à la maison .Maman me reçut la mine sévère :"Tu en a mis du temps ! Où est la brosse ?" Aïe!! ...je ne savais plus où je l'avais laissée .Apeurée devant l'air courroucé de ma mère , je dévalai les escaliers ,elle me suivit , me rattrapa et me donna une fessée cuisante et surtout humiliante .Je m'efforçais de ne pas pleurer et nous arrivâmes au lavoir .Maman vit la brosse sur le tonneau , honteuse ,je baissai la tête .Ma mère continua sa route pour rendre visite à une amie malade .
Ce fut la seule correction que je reçus . Je ne l'ai jamais oubliée .......
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Allons ,les amis ,vous avez certainement une "première fois" qui vous a laissé des souvenirs ! Ne soyez pas timides ! Osez !Nous sommes curieux de vous lire ..Elisa.
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RépondreSupprimer-Mais oui,Denise ,ça nous rappellera des souvenirs .
C'était .......il y a fort longtemps, à l'époque où les jeunes (et moins jeunes )quittaient l'île en masse pour travailler sur le continent ..Cette année là , c'était mon tour . D'ailleurs , les trois quarts de ma classe se retrouvaient sur le pont du "VILLE d'AJACCIO" qui devait effectuer une de ses dernières traversées .Devant nous , la ville s'étageait sur la colline .Sur le quai ,les parents ,inquiets et résignés , criaient leurs dernières recommandations .Le bateau doubla la jetée et s'éloigna vers le nord .Fin des vacances , fin des études ,fin d'une certaine insouciance ?Et après cette nuit hors du temps , le début de l'aventure ? de la liberté ? de la responsabilité ?Le bac en poche ,nous allions devenir fonctionnaires .....Avenir quelque peu angoissant et malgré tout plein d'espoir .
La mer était calme en ce début d'automne et ,la plupart d'entre nous ,guidés par les anciens ,avions récupéré un transat pour y passer la nuit . Maïté ,qui en était à sa deuxième année de traversées ,m'appela discrètement :"Tu sais ,Denise ,j'ai deux cousins qui travaillent sur ce bateau .A partir de minuit leurs cabines sont libres . Si tu veux dormir un peu , tu pourras en occuper une et moi l'autre ." J'acceptais avec reconnaissance .A l'heure dite ,je trimballai ma" valise en carton" de couloirs en échelles et arrivai dans une petite cabine proprette . "Installe-toi sur la couchette ,je suis à côté dit Maïté ,je viendrai te chercher au matin ."
En prévision du mal de mer , j'avais avalé un cachet de nautamine et m'endormis rapidement .Pendant la nuit ,je sentis quelqu'un qui s'allongeait près de moi .Je me dressai brusquement .Tout était noir dans la cabine .
-Chut ! fit une voix mâle,c'est moi ,Pierrot ,le cousin de Maïté .N'aie pas peur ,je ne vais pas te violer !
Effarée , je demandai de la lumière et vis un petit bonhomme moustachu qui m'examinait .
-J'ai fini mon travail,dit-il , je viens me reposer ,mais tu peux rester jusqu'au matin .
-Oh non , monsieur , je vais retrouver mes amies .
-Ah bon !
Je tremblai de tous mes membres . Pierrot m'aida à transporter ma valise et je rejoignis la petite bande qui s'inquiétait de moi :
-Mais où étais-tu passée ?Tu t'étais perdue ?Je racontai mon aventure .
-Pauvre naïve ,s'exclama Nicole .Personne ne t'a prévenue ?
-Prévenue ? De quoi ?Maïté ....ses cousins ....
-Ah oui ,celle là ! On la connaît . Méfiance !
Le reste de la nuit fut calme et frisquet sous les étoiles .Au petit matin ,le port de Marseille apparut ,immense .Bientôt nous fûmes sous la protection de la Bonne Mère .Mon oncle et ma tante m'attendaient au pied de l'échelle .
Ainsi commencèrent des années d'allers et retours plus ou moins agités .Mais ce premier voyage avait ébranlé ma naïveté et m'avait appris la méfiance .