mercredi 18 décembre 2019

FOLA di NATALE... (suite)

Et voici qu'arrive Ghjulia Maria sa sœur de lait, selon les instructions de Vittoria, elles doivent préparer les chambres du deuxième étage, balayer, cirer les meubles, faire les lits, et même préparer et allumer le feu dans les cheminées. C'est beaucoup de travail, elles s'y mettent de bon cœur et voient avec plaisir les chambres devenir belles et accueillantes pour des hôtes choyés. Qui seront-ils ? Il est temps de rentrer, Filice l'attend sagement à la cuisine ou Dorotea prépare du poisson à l'agliolu, la bonne odeur de l'ail frit et du vinaigre lui donne faim ; les châtaignes de midi ne sont plus qu'un souvenir… Un bref au-revoir, Dorotea crie "Maria, prends ton pain !" 
Filice, d'accoutumée si disert, resta silencieux tout le long du chemin de retour. Malgré l'aide et la bienveillance de Pirone, la journée avait été rude pour ses dix ans : après avoir balayé l'écurie, passé et repassé a strigila, distribué le fourrage, il avait brossé et tressé les crinières des deux chevaux et de la jument de signora Vittoria qui venait de pouliner. Il aima, dès qu'il le vit, le poulain, gracieux sur ses longues jambes, qui sautait partout.
Pirone avait préparé son onguent, mélange d'huile de laurier, miel sauvage de châtaignier, cire et baies à l'odeur prenante dont il avait oublié le nom. Ce baume faisait merveille sur les meurtrissures et les petites blessures des chevaux et des ânes. Le temps s'était légèrement radouci. Il va peut-être neiger se dit Maria. Elle crut distinguer la silhouette d'un homme dans la pénombre, apparemment bien mis, élégant… "Bonsoir Maria", fallait-il répondre poliment ? Son bons sens l'emporta "Voilà que j'ai des visions, la fatigue ne me vaut rien."

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