"Vivre avec nos morts" de Delphine Horvilleur. Une très belle liaison entre vie et mort.
Un
passage :
Personne ne sait parler de la mort, et c'est peut-être
la définition la plus exacte que l'on puisse en donner. Elle échappe
aux mots, car elle signe précisément la fin de la parole. Celle de
celui qui part, mais aussi celle de ceux qui lui survivent et qui,
dans leur sidération, feront toujours de la langue un mauvais usage.
Car les mots dans le deuil ont cessé de signifier. Ils ne servent
souvent qu'à dire combien plus rien n’a de sens.

"combien plus rien n’a de sens". Vrai et faux à la fois. Vrai à un moment donné et pour une personne donnée, mais faux si l'on considère le fil ininterrompu des gènes à travers le temps. A notre époque hyper-individualiste, tout se résume au présent immédiat et à un individu unique, mais c'est une erreur historique et anthropologique et ce n'est pas pour rien que de tous temps les obsèques solennelles, chacun à sa mesure, aident à dépasser, le moment de sidération passé, le désespoir individuel bien compréhensible.
RépondreSupprimer