dimanche 28 février 2021
Une "histoire" des lecteurs (suite)
Clément-César était invité à tous les dîners ; il n'en manqua qu'un à cause de ses obligations militaires. Au début, le fameux plan de table de la Marquise ne le plaçait pas toujours près d'Augustine, tous deux en étaient si visiblement contrariés qu'elle décida de ne plus les séparer, plan de table ou pas. Quelques dîners après, Clément-César ,en grand uniforme, demandait la main d'Augustine à la Marquise, sa marraine et tutrice, qui la lui accorda, le tenant en haute estime, parfaite courtoisie et belle prestance (ce qui ne gâte rien), mais exigea au moins six mois de fiançailles sinon plus. Six mois, autant dire une éternité pour Augustine et Clément-César, mais la Marquise savait que le temps allait passer vite, trop vite... se doutaient-ils seulement les tourtereaux de l'organisation, attentive aux moindres détails, que nécessitait dans leur monde l'organisation d'une pareille journée ? La plus belle de leur vie, avec celles de la naissance de leurs futurs enfants. Les enfants, mais on n'en était pas là ! Un kaléidoscope tournait dans sa tête jusqu'au vertige, la migraine... Ah non, pas le temps, il fallait garder les idées bien claires, elle récapitula : les fiançailles (réception assez intime mais pas trop), le trousseau à faire broder, les toilettes de la mariée (les siennes aussi), les faire-part, la décoration florale de l'église de la Madeleine, les choeurs, la marche nuptiale, le voyage de noces, non,ce serait leur choix. Et cette impression d'oublier quelque chose d'important, mais oui, le contrat que dresserait la veille du mariage Maître Louis de Greppole, ami de son père, son notaire avisé et dévoué qui avait toute sa confiance. Elle l'appela aussitôt (bien pratique quand même ce téléphone) et obtint, grande faveur, un rendez-vous pour le surlendemain.
Maître de Greppole fut, comme à l'accoutumée, aimable et précis : pour que le ménage ait un niveau de vie décent, la future épouse d'un officier devait obligatoirement être dotée, apporter en se mariant un revenu potentiel. En 1808, le montant de cet apport minimum avait été fixé à 600 francs de rente, puis un arrêté de 1843, a décidé que la future épouse devait apporter 1200 francs de rente, soit un capital de 24 000 francs, faute de quoi ses supérieurs refuseraient l'autorisation nécessaire pour se marier. La somme étant assez conséquente, Maître de Greppole expliqua à la Marquise qu'il allait, dans un premier temps, inventorier les bien propres d'Augustine hérités de ses parents : le manoir décrépit ou elle était née, gardé par un vieux jardinier et sa femme, deux fermes de peu de rapport, une vigne bien placée mais négligée, une forêt... Assez peu en vérité, mais il fallait quand même aller y voir de près.
Le sachant passionné de généalogie, la Marquise lui raconta l'histoire, jamais élucidée, de la parente, main droite main gauche, de feu la mère d'Augustine avec sa famille. Enfin, ils convinrent de se revoir dans une dizaine de jours.
... (à suivre)
samedi 27 février 2021
Mise au point sur la COVID-19 au village
STOP !!
Le blog ne remplit son rôle ?,Pourquoi ne pas vouloir parler de l’épidémie au village Un commentaire sur l’école suffit à figer le blog Ce n’est pas la guerre au village Je comprend les animateurs du blog mais ils ne devraient pas être terrorisés par quelques uns .
Depuis quelques jours nous recevons des commentaires tels celui ci-dessus faisant circuler une rumeur de Covid-19 au village.
Le rôle du BLOG, que personne ne terrorise, n'est pas de relayer une rumeur, quelle qu'elle soit.
Si vous voulez en savoir plus, adressez-vous à qui de droit ! MERCI.
Une recette de "pot-au-feu"... (partagée par Yzus)
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| "Pot-au-feu" |
En attendant les verdures printanières... Pot-au -feu du samedi midi en hiver.
Temps de préparation : 1 h
Temps de cuisson : 3 H + 30 min + 20 min
Ingrédients pour 6 personnes :
- 1,5 kg de gite
- ½ queue de bœuf
- 1 jarret de veau
- 6 os à moelle
- 8 carottes
- 8 navets
- 1 tête de céleri
- 1 oignon piqué de clous de girofle
- 1 bouquet garni ( thym ,laurier ,branche de céleri ,ail )
- 2 tomates
- 2 cuil. à café de gros sel
- 800 g de pommes de terre (Amandine)
- Sauce gribiche : 1 mayonnaise maison
- 3 œufs durs
- 10 cornichons
- ½ bouquet de persil plat
- 1 cuil. à café de grains de poivre
Préparation :
Dans un grand "pot-au-feu", mettre toutes les viandes (pas les os). Recouvrir d'eau froide. Faire chauffer.
Pendant ce temps, éplucher tous les légumes ; si les carottes sont trop grandes, les couper en deux. Couper les navets en deux, la tête de céleri en plusieurs morceaux. Lier ensemble les blancs de poireaux et les verts séparément. Piquer l'oignon de 4 clous de girofle.
Mettre tous les éléments du bouquet garni dans une gaze bien ficelée.
Quand l'eau bout, écumer.
Ajouter dans le "pot-au-feu" l'oignon piqué de clous de girofle, le bouquet garni, 1 carotte, les verts de poireaux ficelés, le gros sel et les grains de poivre. Couvrir et laisser FRÉMIR pendant 2 heures. Écumer de temps en temps si nécessaire .
Après 2 heures, enlever la carotte et les verts de poireaux.
Mettre tous les légumes (réserver les pommes de terre dans le bouillon).
Laisser cuire encore 1 heure.
Mettre dans une casserole les 6 os à moelle, couvrir d'eau et ajouter 10 cl de vinaigre d'alcool. Faire chauffer et laisser cuire 30 minutes.
Faire cuire les pommes de terre pendant 20 minutes.
Préparation de la SAUCE GRIBICHE :
Cuire les œufs 10 minutes et laisser refroidir.
Faire une mayonnaise bien relevée. Hacher le persil finement et couper les cornichons en petites rondelles. Écaler les œufs et les couper en petits morceaux. Ajouter la mayonnaise, les oeufs, les cornichons et le persil. Réserver .
Maintenant que tout est cuit, on peut passer à table.
Faire griller du pain. Prendre un grand plat creux. Y mettre tous les morceaux de viande, et les entourer des légumes (éviter l'oignon) et des pommes de terre. Ajouter les os à moelle.
Mettre du bouillon dans une soupière. Servir dans des assiettes creuses.
Commencer par le bouillon !
Déguster la moelle sur le pain grillé avec un peu de gros sel et du poivre.
Puis servir la viande, les légumes et ajouter la sauce gribiche.
Prévoir également du gros sel,de la moutarde et des cornichons.
Quand c'est la saison, on peut rajouter des choux de Bruxelles !
Astuce pour servir facilement les légumes : faire de petits baluchons dans de la gaze (grandes compresses en pharmacie) pour chaque légume et placer ces petits sacs dans le bouillon.
À la maison, on ne mangeait pas le pot-au-feu avec la sauce gribiche. On mettait une tartine grillée sur nos légumes et la viande, du gruyère râpé, et on recouvrait de bouillon... Souvenirs.
(Source : 5 drôles de sœurs en cuisine. Les recettes d'une famille du Nord. ISBN mars 2019.)
Souvenirs et trucs de famille, le pot-au-feu était de tradition le dimanche soir à la maison di U Vallu, notre parent, Ours-Paul Albertini, était l'invité habituel de mes grands-parents. Les os à moelle ne cuisaient pas à part, on les frottait de sel aux extrémités pour que la moelle ne s'échappe pas. L'oignon était, au préalable, délicatement bruni à la flamme. Le bouillon pouvait être servi sur de fines tranches de pain saupoudrées de fromage râpé, mais le plus souvent on y faisait cuire des petites pâtes, les étoiles et les lettres de l'alphabet étaient mes préférées. Un jour, ma mère, décrétant que les pommes de terre troublaient le bouillon, les fît cuire à part, dans du bouillon prélevé, avec une feuille de laurier brisée. Essayez,même avec du bouillon instantané (bio), n'oubliez pas le laurier. C'est tout simple et si bon qu'on pourrait bien vous en tresser une couronne. _ Yzus
Une "histoire" des lecteurs (suite)
Plus du tout énervé, Michelet fut digne de sa réputation, et même innova en faisant servir, contrairement à la coutume, le foie gras d'oie de Strasbourg en entrée, au début du dîner. Le saumon de Loire en Bellevue précéda les fameux Épigrammes artistiquement présentés en couronne, accompagnés de différentes sauces très relevées. Après une suite classique, qui n'oublia pas les fromages, la bombe glacée, sublime, de Tortoni, rafraîchit en point d'orgue tous les palais. Les vins, sélectionnés par Gratien, furent au diapason de ces mets de choix.
Augustine, en fille avertie, y trempa poliment ses jolies lèvres, mais ne but, modérément, que du Champagne, ce vin dont Madame de Pompadour disait que c'était "le seul qui laisse la femme belle après boire" (une légende raconte aussi que la première coupe a été moulée sur son sein). En revanche, les émotions de la journée lui ayant ouvert l'appétit, elle fit honneur à chaque plat servi, mangeant avec des délicatesses de chatte d'évêque, sans se tromper dans les différents couverts. Sobriété aidant, elle ne dit aucune sottise, sourit beaucoup à ses voisins de table, charmant l'aimable Sarcey qui l'imaginait déjà dans les meilleurs rôles d'ingénues du répertoire. Clément-César de La Pantanie, ne la quittait pas des yeux, en oubliant même de manger, c'est vous dire...
Après le café et les liqueurs pris au salon, un Havane au fumoir pour la plupart des officiers, Raynaldo Hahn, à la demande générale, se mit au piano : ce fut l'heure exquise, bissée, et les autres chansons grises sur des poèmes de Verlaine. Doté d'une belle voix de baryton léger, il chanta en s'accompagnant ; puis il joua sa valse "Inspiration" et, au final, en l'honneur du régiment de Choiseul-Cavalerie, la marche militaire "Les jeunes lauriers" qui déchaîna une salve d'applaudissements.
À minuit, la Marquise, hôtesse attentionnée, fit servir jus de fruits, sorbets et autres rafraîchissements et mignardises. Gratien enflamma un grand punch qui en tenta beaucoup.
La Marquise les convia, toutes et tous, dans une semaine exactement, même jour même heure, à un dîner de chasse, avec lièvre à la royale à la Michelet. Après les Épigrammes et le lièvre à la royale, il y eut le dîner des cèpes, des marrons et, plus original, celui des écrevisses. Michelet en vit un matin aux Halles, dans des paniers, avec de la paille et des orties, qui lui rappelèrent celles qu'il pêchait, enfant, dans son petit village du Dauphiné et que sa mère préparait avec du poulet, des tomates, du vin blanc et quelques herbes. Il enrichit la recette de crème fraîche, ajouta du Cognac, de l'estragon, du céleri, d'autres aromates, et présenta son poulet aux écrevisses à la Marquise et à ses invités. Ce fut un triomphe : le dîner fut bissé, ce qui n'était jamais arrivé même pour les Épigrammes. La Marquise, reconnaissante, augmenta son salaire de belle façon.
... (à suivre)
vendredi 26 février 2021
Envoi de Lucille.
Une "histoire" des lecteurs (suite)
Sans le moindre soupir de nostalgie elle demanda à Augustine, quelque peu étonnée mais déjà ravie, d'essayer la robe. Fort heureusement, vu l'heure, aucune retouche à faire ; elle lui allait si parfaitement, que la Marquise, émue, se vit telle qu'elle était naguère. Dans sa cassette, elle choisit une croix améthyste, une fine chaîne d'or et les boucles d'oreilles assorties, ses premiers bijoux de jeune fille, et en para Augustine. Puis elle la pria de revenir à la demie de six heures pareillement vêtue, parée, cheveux noués ou relevés.
Ainsi qu'elle l'avait décidé, dès le choix de sa robe arrêté, elle ne porterait ce soir aucune pierre de couleur ; elle sortit de la cassette la parure de perles fines à l'orient irisé : choker, bracelet, pendants d'oreilles, et la referma. Rosalie, sa femme de chambre, fit couler un bain parfumé, sortit les dessous de soie, puis l'habilla (les pinces défaites évitèrent de lacer le corset trop serré, joie !), et la coiffa de façon ravissante de torsades compliquées retenues dans le cou par une résille de velours noir. Un nuage de poudre de riz, une goutte du nouveau parfum de Guerlain, les escarpins assortis à la robe, son petit réticule : fin prête !
Augustine arriva, ponctuelle, fraîche comme la rosée dans sa robe bleu lavande, simplement ornée d'une jolie dentelle au col et aux poignets, ses longues boucles soyeuses bien tirées en arrière, retenues par un ruban bleu-violet, cascadant sur les épaules.
Une demi-heure avant l'arrivée des premiers invités, la Marquise, Augustine se tenant à ses côtés, s'apprêtait à les accueillir. Augustine partageait les repas pris dans l'intimité, mais n'avait jamais assisté à un de ces fameux dîners. L'explication en était simple : elle n'avait pas, pour de graves raisons, fait son "entrée dans le monde" (bal des débutantes de nos jours), enfant unique, orpheline de père, puis de mère, une lointaine cousine de la Marquise (de la main gauche, disaient quelques-uns de moins en moins nombreux), une grand-tante religieuse était sa seule proche parente. La Marquise, qui était sa marraine, avait pu la recueillir.
Aimant à s'occuper, Augustine était tantôt lectrice, secrétaire, confidente, et, parfois, la fine et exclusive retoucheuse d'un somptueux vestiaire. Rosalie, la femme de chambre, enviait un peu cette prérogative, mais se disait-elle, c'est du travail en moins à faire, alors...
La Marquise jeta un regard satisfait à la grande table superbement dressée : il y avait bien quatorze couverts pour quatorze convives. Le carton marquant la place de Daniele de Dagorno (ne pas oublier, dès demain, de téléphoner à la maison Boissier qui livrerait le jour même ses chocolats préférés à son amie), avait été enlevé et remplacé par un autre au nom d'Augustine. Les voisins de Daniele, n'ayant pas changé, seraient donc ceux d'Augustine : à droite, le célèbre journaliste et critique dramatique Francisque Sarcey, à gauche, le talentueux pianiste, compositeur, Raynaldo Hahn. Prise d'une subite et irraisonnée inspiration (elle ne sut jamais vraiment se l'expliquer) elle mit le carton de Hahn à la place prévue pour le Lieutenant Clément-César de La Pantanie et celui de ce dernier à la gauche d'Augustine.
... (à suivre)
MUSÉE du "carédar"... [DALÌ-Torero hallucinogène_1970]
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| Salvador DALÌ "Torero hallucinogène"_1970 Huile sur toile. (399 cm X 299 cm) Salvador Dalí Museum, St. Petersburg, États-Unis. |
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| "carédar-445" |
La boîte en question, de la marque Vénus Esterbrook, représente sur son couvercle une célèbre sculpture grecque : La Vénus de Milo. Mais en l’observant de plus près, Dalí distingue en fait une tout autre forme, celle d’un torero ! L’artiste catalan tente alors de montrer cette découverte à sa femme Gala. Hélas, ni elle, ni personne n’arrive à percevoir la fameuse forme… Dalí ne se laisse pas démonter et suit son intuition. Il s’inspire de cette image pour peindre un tableau intitulé "Torero hallucinogène". On y voit bien la figure de La Vénus de Milo, mais celle-ci a l’air de se démultiplier à l’infini.
Tous les éléments semblent se mélanger les uns aux autres. Pourtant, rien n’est laissé au hasard. Ainsi, entre les bustes des différentes statues, les plus observateurs pourront peut-être percevoir le bas d’un visage. Mais ce n’est pas tout : juste en-dessous, les drapés des Vénus forment le costume traditionnel de la corrida : la veste rouge, la chemise blanche et la cravate verte. Et voilà notre torero !
C’est ce que Dalí appelle la "méthode paranoïaque-critique". Le cerveau perçoit inconsciemment la présence d’une image double, et commence à faire des liens entre les deux… même quand elles n’ont rien à voir l’une avec l’autre, comme une Vénus de Milo et un torero !
Salvador DALÍ (1904 – 1989) : Peintre, graveur et écrivain espagnol. Génie protéiforme, cultivant l'extravagance et l'autocélébration, Salvador Dalí pratiqua une forme d'art de l'inconscient dont il eut la révélation en lisant Freud. Il marqua de sa personnalité le surréalisme en peinture comme au cinéma.
Symbolique du tableau : En bas à droite, un petit garçon en vêtements marins est représenté. Cet enfant c'est Dali lui-même, contemplant son œuvre. Des multitudes de mouches sont représentées dans des parties différentes du tableau. Elles sont un symbole de la putréfaction. On distingue également le buste de Voltaire dans le drapé rouge de la Vénus dont le visage est formé par les silhouettes de deux femmes marchant, une démonstration sophistiquée de la technique de Dali, la « paranoïaque-critique ».
Message de l'œuvre : Dali dira à propos de cette œuvre qu'il en a eu l'inspiration en achetant une boîte de crayons de couleur de marque "Vénus" où la statue était représentée. Il désira ensuite l'associer à une vision du torero qu'il aurait eue en ouvrant la boîte. Outre cette vision, le message de l'œuvre, comme souvent dans les tableaux de Dali, est la mort et la résurrection. L'enfant le représente lui, mais aussi son frère mort, portant le même nom que lui, mais dont Dali est le symbole même de la résurrection, ainsi que la vie pondue par les mouches.
(Source : Artips)
jeudi 25 février 2021
Une "histoire" des lecteurs...
La marquise, sortie tôt, rentra à cinq heures. Après avoir convoqué Michelet (très agité) elle refit son plan de table et disposa les fleurs livrées par Lachaume. Rien ne serait trop beau pour son premier dîner d'Épigrammes... Elle entendit, ouaté par la distance, le carillon de la porte de service, sans doute Tortoni et sa fameuse bombe glacée ?
Mais ce fut Gratien, son majordome, qui après avoir discrètement frappé à la porte entrouverte, lui présentait, mains gantées, un pneumatique sur un plateau d'argent. Elle l'ouvrit sans appréhension, les petits bleus étaient furieusement à la mode, il en arrivait plusieurs chaque jour ; mais son front se barra vite des rides du souci : sa meilleure amie, Daniele de Dagorno, victime d'une vilaine chute dans son parc, navrée de se décommander au dernier moment, interdite par la Faculté de tout déplacement, allait manquer ce soir à son amitié et au dîner des Épigrammes. Le beau vers de M. de Lamartine "un seul être vous manque"... lui vint en mémoire. D'une beauté piquante de rousse, très cultivée, Daniele de Dagorno était reçue dans les meilleurs salons, dont celui de la Princesse Mathilde Bonaparte et fréquentait les milieux artistiques. On la disait très éprise d'un jeune peintre primé au dernier Salon d'Automne.
Il faudrait donc refaire, une fois de plus, le plan de table ; de quatorze couverts passer à... treize ? Mais cela ne se peut ! Un point douloureux annonciateur de migraine vrilla ses tempes. Que faire ? Il était encore temps. Encore temps, certes, mais sans en perdre. Une invitation de dernière heure, à la fois délicate et périlleuse, pouvait l'exposer à un refus poli mais un peu humiliant, pis à une fâcherie. Et puis elle ne savait que trop combien il faut parfois de temps à une jolie femme pour le choix de sa robe, des accessoires, de l'ornement de sa chevelure... Un homme, donc, serait plus disponible ? encore le faudrait-il intelligent, brillant causeur, plutôt jeune… Mais elle le connaissait cet oiseau rare ! Le jeune Proust avait été son voisin de table lors d'un récent souper chez Laure de Chevigne, il avait su à la fois la faire rire, la toucher et l'étonner par des réflexions dont la pertinence et l'acuité l'avaient charmée. Elle trouva vite son numéro de téléphone dans le Bottin Mondain.
Ce fut Céleste, sa gouvernante, qui décrocha et lui apprit que Monsieur était déjà sorti et, qu'après une soirée théâtrale, il souperait avec des amis à La Maison Dorée. Zut, Zut et Zut ! Et cette migraine qui ne passait pas, s'amplifiait... Il lui fallait, en urgence absolue, une aspirine et un thé bouillant. Elle regagna ses appartements privés, sonna pour le thé et fit appeler Augustine qui ne tarda pas, tenant à bout de bras la robe de Worth, en taffetas de soie gris argent, choisie pour le dîner. Elle avait, de ses doigts de fée, défait deux pinces dorsales, puis enlevé si soigneusement à la pattemouille la trace infime de cette retouche, que Charles Frédérick Worth lui-même n'y aurait trouvé rien à redire. La ceinture, légèrement drapée, et ses larges pans flottants étaient brodés de roses thé, un petit bouquet des mêmes fleurs ornait le corsage.
La marquise but son thé à petites gorgées, la migraine s'éloignait... elle soupira d'aise et s'accorda quelques minutes avant d'ouvrir son vaste dressing. Un ordre parfait y régnait, elle caressa du regard, sous leurs housses transparentes, les grandes robes de bal de Worth et de Paquin, les robes de Garden-party et de villégiature des sœurs Callot, les ensembles et les tailleurs de Jacques Doucet. Collectionneur et mécène, il était le couturier préféré de Daniele de Dagorno. Enfin elle trouva la robe de soie bleu lavande, un modèle de Jeanne Lanvin qui n'avait pas encore ouvert sa maison de couture mais habillait déjà, après l'avoir chapeauté, le Faubourg Saint Germain. Elle ne l'avait portée qu'une seule fois, à Londres, lors d'une soirée à l'Ambassade et jamais remise : il y avait trop de pinces à défaire à cause d'un très léger embonpoint si difficile à combattre avec un cuisinier tel que Michelet.
... (à suivre)
mercredi 24 février 2021
Tra aghje e pagliaghji ce matin.
Les enfants du centre aéré de l'Arinella, à la découverte de la nature et du patrimoine. Ici, au Santu, l'accompagnateur leur montre un caracutu, le houx. Plein air et savoir.
Nécrologie.
C'est avec tristesse que nous apprenons le décès survenu à Cannes, de Christine CORDOLIANI. En cette douloureuse circonstance, Voce di Rutali présente ses sincères condoléances à son père le docteur CORDOLIANI René et Élisa son épouse, à sa mère PIZZIO Simone, à ses enfants Guillaume et Alexandre VOIRIN et leur père, à ses sœurs Laetizia, Cécilia et leur famille, à son frère Jean Pascal, aux parents et alliés ainsi qu'à toutes les personnes atteintes par ce deuil. Les obsèques seront célébrées aujourd'hui 24 février en l'église sainte Philomène à 9h30 au Cannet (Alpes Maritimes), suivies de la crémation à Cannes..
Autour du livre...
Pauline
est quittée par l'homme qu'elle aime le plus au monde. Pourtant,
elle s'accroche et souvent elle écrit à Ben un souvenir de leur
quinze années de vie en couple. Mais Ben ne réagit pas. Au
contraire...finira-t-il pas céder.?....?
C'est
donc une histoire de famille qui prendra place au coin du feu.
Voilà un roman à l'écriture parfaite, plein d'humour et de tendresse.
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L'Idiot de Dostoïevski
En
1527, lors du sac de Rome, les lansquenets de Charles Quint, ivres de
pillages et de sang, pénètrent dans l'atelier du Parmesan qui,
indifférent au saccage, peint. Impressionnés, ils choisissent de
veiller sur la sécurité de l'artiste plutôt que de poursuivre leur
quête de butin.
En 305 avant J-C, Demetrios 1er Poliorcete
assiège Rhodes. Dans un faubourg peint le grand artiste Protogene.
Plutôt que de l'interrompre dans son travail, le roi renonce à
mettre le feu au seul endroit par lequel la ville eût pu être
prise, et ainsi à victoire et gloire.
La beauté sauvera le monde.
mardi 23 février 2021
Le Maître des horloges (transmis par Battine)
Il est temps de prendre le temps pour savourer le temps !!!
(Citation de Mireille Weiten-de Waha. Écrivaine. Luxembourg).
Le Maître des horloges...
L’artiste suédois Andreas Wannerstedt est un designer et un "motion graphic".
C'est une forme d'art visuel consistant à créer des œuvres animées.
Cela implique d'utiliser le mouvement comme principal outil graphique et artistique.
Ces animations 3D séduisent aussi bien les grandes marques que le grand public.
Il sait comment nous régaler les pupilles.
L'animation "Pendules", ci-dessus est une de ses œuvres.
Il s'agit de quelques boucles courtes et animées, mettant en vedette différents types de balanciers.
C'est un travail extraordinaire qui fascine les esprits.
lundi 22 février 2021
A nocca. Héllébores, gardiens du bosquet des Pantani.
francais : hellébore de Corse; balai
définition : lat.sc. Helleborus lividus Ait ssp corsicus.- BOTANICA. Generu di rununculacea vivace chì cresce frà 400 è 1600 metri, ma di le volte ancu à u livellu di u mare.- Pianta endemica di Corsica è di Sardegna.- D’invernu i so mazzuli sò d’un verde scuru à fiori giallogni in caspe.- Sta pianta decurativa hè velenosa è appena puzzulante.- . Sta pianta era aduprata per curà e piaghe di l’animali. Per caccià a pena à i denti, si mettia un pezzu di a radica nant’à u dente, tumbava u nerbu. Per francà i casgi da e mosche, i pastori l’ingutuppavanu di fronde di nocca. Ghjovava dinù à tene u furmagliu frescu.
TRUCS DE MIMOSA...
Comment faire durer un bouquet de mimosa ?
Choisir le mimosa : Avant toute chose, il convient de bien choisir son mimosa. Pour ce faire, lorsque vous le cueillez ou que vous allez chez le fleuriste, choisissez une botte aux boutons les plus fermés possible.
Les tiges du mimosa : Avant de le mettre dans un vase et dans de l’eau, coupez les tiges du mimosa sur environ 5 cm. Puis, écrasez le bout des tiges à l’aide d’un marteau.
Le choix du vase : Vient ensuite le choix du vase. Pour que votre mimosa puisse durer longtemps, ne choisissez surtout pas un vase métallique et optez pour un pot transparent.
L'arrosage : C’est sans doute l’élément le plus important pour faire durer votre mimosa. L’arrosage doit être régulier, presque quotidien. En effet, le mimosa absorbe beaucoup d’eau chaque jour, il ne faudra pas qu’il en manque ! Pour garder cet aspect duveteux, pensez également à pulvériser le mimosa d’eau.
Le choix de l'eau : L’eau doit être choisie avec attention. Privilégiez une eau tiède, un peu sucrée et non calcaire. Evitez donc l’eau du robinet. Pensez à renouveler quotidiennement l’eau du vase pour que sa température soit la plus tiède possible.
L'emplacement : Le mimosa redoute la chaleur. Evitez donc les endroits près du chauffage. Ne mettez pas votre bouquet de mimosa dans une pièce à la température supérieure à 20°C. Enfin, choisissez une pièce lumineuse sans prise directe avec le soleil.
Les sachets conservateurs : Pour conserver davantage votre bouquet de mimosa, vous pouvez diluer un sachet conservateur dans de l’eau tiède. Vous en trouverez facilement chez les fleuristes.
Le mimosa la nuit : La nuit, pensez à installer votre bouquet de mimosa dehors, sur le rebord de la fenêtre. Mais s’il gèle, alors gardez-le à l’intérieur, dans une pièce plutôt fraîche.
Un mimosa trop fleuri : Lorsque vous mettez votre mimosa dans un vase, mieux vaut qu’il ne soit pas trop fleuri. Pensez également à retirer les feuilles inférieures de la botte. Cela évitera que le mimosa se sente étouffé.
Faire sécher un mimosa : Malgré tous vos efforts, votre bouquet de mimosa n’est malheureusement pas éternel. Mais pour profiter encore de ses jolies boules jaunes, vous pouvez le faire sécher. Vous pourrez ainsi espérer le garder quelques années.
Comment faire sécher le mimosa ? Il existe plusieurs techniques pour faire sécher le mimosa. La plus simple consiste à le faire sécher directement dans le vase. Pensez donc à retirer l’eau et à mettre la botte de mimosa, sans feuille, dans le vase. 10 jours plus tard, votre mimosa sera asséché.
Le faire sécher tête vers le bas : La deuxième technique pour faire sécher le mimosa consiste à retirer l’eau du vase et à conserver le mimosa hors du vase, en ayant pris soin de retirer les feuilles. Puis, reliez les tiges à l’aide d’une corde et accrochez la botte, tête vers le bas, dans une pièce ni trop chaude, ni trop fraîche. Après environ 15 jours, votre mimosa sera sec.
dimanche 21 février 2021
L'instant "classique"... [HAENDEL interprété par les Talens Lyriques]
samedi 20 février 2021
CHAPITRE 6 DE FEMMES-FLAMMES, consacré à Camille Claudel.
1er extrait
En 1884 a lieu à Paris la rencontre entre deux sculpteurs qui marqueront leur époque : Auguste Rodin, 44 ans, qui enfin trouve reconnaissance et début de gloire après un essor difficile, et Camille Claudel, 20 ans, précocement attirée par la sculpture, arrivée dans la capitale afin de perfectionner un art pour lequel elle éprouve une passion dévorante.
La rencontre de ces deux êtres exceptionnels, qui a lieu à un moment clef de leurs vies, sera le début d’une aventure extraordinaire. Ils vont tout de suite communier dans l’amour de leur art, vital pour tous deux. Ils sont animés de la même puissance créatrice, et doués d’une grande vigueur intellectuelle. Elle est éblouie, il est fasciné. Dans cette progressive interpénétration de deux génies, qui vont se stimuler réciproquement, se devinent les germes d’une passion fusionnelle, mais aussi la possibilité d’un affrontement, en une lutte implacable, entre deux fortes personnalités désireuses de s’affirmer. A l’issue des derniers terribles éclats de leur orageuse liaison, c’est Camille, la plus fragile, qui sera broyée...
… Faire porter sur Rodin le poids de la folie où va sombrer Camille serait un piège, dans lequel le spectateur glisse de manière compassionnelle, ému par le désastre final de la vie sociale de la sculptrice, suivi de sa lente agonie durant trente ans. Autre écueil difficile certes à éviter, serait de voir les travaux de cette splendide artiste que fut Camille à travers le filtre de sa vie privée, car elle a tellement mis d’elle-même dans ses sculptures qu’il est souvent difficile pour nous de dissocier son existence de son œuvre.
Il parait plus juste de considérer son itinéraire personnel, de voir évoluer dans son art cette femme ardente qui malheureusement ne put aller jusqu’au bout de sa trajectoire, apparemment foudroyée par la maladie mentale, dont cependant un examen attentif permet de déceler les prémisses, et aussi, dans son enfance, les lointaines causes. Rodin aurait-il pu, à force de soins et d’attention l’empêcher de sombrer dans la folie, dont il a peut-être discerné le prélude ? Rien n’est moins sûr, en ces années où les armes contre la maladie mentale sont encore si faibles. Il a pourtant réellement aimé son élève, son modèle, son inspiratrice, sa collaboratrice…
LA LANGUE AU CHAT...
À chaque pays son emblème.
- le coq : Portugal
- la rose : Angleterre
- le kangourou : Australie
- le castor : Canada
- la tulipe : Hollande
- le lion : Royaume-Uni
- l’aigle : États-Unis
- le chardon : Écosse
- le poireau : Pays de Galles
- le jaguar : Argentine
- le trèfle : Irlande
- le dragon : Chine
Une recette de "soufflé au chocolat"... (proposée par Yzus)
- 190 g de lait entier
vendredi 19 février 2021
MUSÉE du "carédar"... [YEATS-The Liffey Swim_1923]
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| Jack Butler YEATS "The Liffey Swim"_1923 Huile sur toile. (61 cm X 91 cm) National Gallery of Ireland. |
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| "carédar-444" |

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| Jack Butler YEATS |

































